Politique

Crise anglophone : certains combattants séparatistes ne veulent plus de la guerre, selon le cardinal Tumi

Crise anglophone : certains combattants séparatistes ne veulent plus de la guerre, selon le cardinal Tumi

Dans un livre, le prélat marque un arrêt pour parler du moral des combattants séparatiste.

Le cardinal Christian Tumi a publié un livre de 80 pages sur la crise anglophone. Intitulé « Ma nuit en captivité », l’ouvrage raconte les négociations, engagées en coulisses pendant plusieurs mois, depuis le début de cette crise socio-politique.

Le nonagénaire revient aussi sur les conditions dans lesquelles le Fon de Nso a quitté son palais, son séjour prolongé à Yaoundé, les tractations faites pour son retour. Sans oublier les circonstances de leur (le Fon de Nso et lui) arrestation par un groupe séparatiste, de leur séquestration le mercredi, 4 novembre 2020 à Ndop, et leur libération.

Dans son récit, le prélat marque un arrêt pour parler du moral des combattants séparatiste. C’est ainsi qu’il est décrit la lassitude de certains jeunes enrôlés par ces bandes armées qui sèment la terreur dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

« Lorsque je parle du “côté humain” de ces jeunes hommes dans les buissons, il me revient le souvenir d’un enfant rencontré à Kaikai, qui m’a dit qu’ils n’étaient plus sûrs de ce pour quoi ils se battaient, qu’il n’y avait plus d’objectif clair et précis pour leur lutte. Certains de ceux qui nous avaient retenus captifs avaient aussi affirmé qu’ils avaient perdu de vue le but de leur lutte. Quelques-uns avaient même donné leur numéro de téléphone à mon chauffeur et, des semaines plus tard, contre toute attente, l’avaient appelé pour lui demander comment j’allais et l’avaient chargé de me transmettre leurs salutations. Ils lui avaient aussi dit qu’ils n’avaient rien à manger et se demandaient s’il pouvait les aider. », raconte le cardinal dans son livre.

Malaise dans les rangs

L’homme de Dieu n’est pas le premier à raconter le malaise qui règne dans les rangs de ces milices. En mai 2019, Lukong Clinton, une jeune fille présentée comme une ancienne de ces groupes rebelles faisait déjà des déclarations semblables.

« J’étais en brousse, à Kumbo, avec les combattants, pendant un an et demi. On croyait à notre lutte. Mais plus tard, j’ai constaté qu’on se battait pour autre chose. Les choses avaient changé, il y avait des meurtres, des incendies et des vols, ce qui n’était pas notre but », affirmait-elle dans un entretien accordé à BBC.