Politique

Contingent camerounais de la Minusca : bouclier humanitaire au cœur de Bossangoa

Contingent camerounais de la Minusca : bouclier humanitaire au cœur de Bossangoa

En faveur des populations locales, il se mobilise exceptionnellement dans un contexte opérationnel particulièrement difficile.

Un tas de gravats, de piliers en béton cassés en morceaux, de ferraille. Sous la poussière, on devine aussi des vêtements personnels, des meubles. Difficile d’imaginçr qu’il y avait là une maison. Bossangoa, fief de l’ancien président François Bo-zizé et bastion de la CPC (Co-1 alition des Patriotes pour le Changement, une coalition de Six groupes rebelles), est abîmée par la guerre. Ces jours-ci, peu de monde circule. Tout le monde raconte la même histoire : on ne sait plus quand finira la guerre. La peur règne. Repliée sur elle-même, la ville contemple les effets des tensions intercommunautaires.

Depuis la mi-décembre 2020, environ 240 000 personnes ont été nouvellement déplacées. Seulement en janvier 2021, 66 incidents contre des travailleurs humanitaires ont été signalés, soit le plus grand nombre jamais enregistré. 2,8 millions de personnes ont besoin d’aide en urgence. L’Onu qui avance ces chiffres ce 25 février 2021 craint le pire sur la situation humanitaire.

Sur le site de recasement des dizaines de déplacés, des militaires appartenant au contingent camerounais de la Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine) redessinent l’espoir autrement. Ils distribuent eau et victuailles aux enfants. A quelques femmes et vieillards sonnés par des infections et la famine, ils administrent des soins.

Si les militaires camerounais s’adonnent à l’exercice, les populations sont encore à là merci des bandes armées. C’est donc en toute conscience de la gravité de la situation que Vladimir Monteiro, le porte-parole de la Mission onusienne, a plaidé au nom des Nations unies,’ «pour une augmentation de l’effectif des casques bleus – 2750 militaires et 940 policiers supplémentaires -, pour accroître la capacité de la Mission à s’acquitter des tâches prioritaires de son mandat compte tenu de l’évolution actuelle de la situation», a encore fait savoir la note d’information.