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Camair-Co : comment Paul Biya a dribblé Ngoh Ngoh

Camair-Co : comment Paul Biya a dribblé Ngoh Ngoh

Présenté depuis quelques temps comme le vrai pilote dont l emprise est réelle à la Camair-Co, Ferdinand Ngoh Ngoh n aurait pas usé de son influence habituelle dans les derniers choix des responsables de la Camair-Co au simple motif que le président Paul Biya, aura lui-même piloté ce dossier sensible.

Selon de nombreux observateurs avertis proches des arcanes du pouvoir, bien qu’il soit effectivement perçu comme ce « vrai pilote » dont la mainmise est réelle sur tous les leviers décisionnels de la Camair-Co, Ferdinand Ngoh Ngoh aurait cette fois été dribblé par le président de la République, en l’éloignant délibérément de Yaoundé, pour qu’il effectue une mission à Malabo, afin de porter au président Obiang Nguema un message. C’est durant cette absence que le président Paul Biya décide de faire bouger les lignes dans l’équipe dirigeante de Camair-Co. Et ce, en débarquant le Pca, le Dg et son adjoint.

En effet, Louis George Njipendi Kouo-tou, en poste depuis le 27 mai 2019, comme Dg de la Camair-Co a toujours été présenté comme le fils » du ministre d’Etat secrétaire général de la présidence de la République. Et selon des indiscrétions glanées de bonnes sources, pour mieux verrouiller son emprise sur la Camair-Co Ferdinand Ngoh goh avait plutôt en projet de placer à la tête du Conseil d’administration de notre compagnie aérienne, Charles Tawamba, ancien conseiller technique N°1 au ministère des Finances, à la place de Jean Ernest Masséna Ngallè Bi-béhè. Aurait-il fait part de ce projet au président de la République ?

Toujours est-il qu’au lieu de Charles Ta-wamba qui, depuis quelque temps, gérait même déjà pour le compte du ministre d’Etat le précieux dossier Camair-Co en informel, le président Paul Biya aura choisi de jeter son dévolu, à la dernière minute et de manière inattendue, sur Jean-Claude Ayem Mauger, présenté en haut lieu comme un homme de Ferdinand Ngoh Ngoh. Par contre, tout se brouille encore avec le limogeage au poste de Dg de Louis George Njipendi Kouotou, remplacé par Jean-Christophe Ela Nguema, un colonel ayant pendant de longues années, travaillé à la Liaison-Air de l’Etat-Major particulier de la présidence de la République.

Selon d’autres indiscrétions, c’est le choix de ce militaire qui prend de court les tenants des différents réseaux de Ferdinand Ngoh Ngoh, qui attestent en petits comités, que ce dernier n’aurait pas pu soutenir ce colonel présenté comme un des hommes du contre-amiral Joseph Fouda. De même, qu’ils jurent mordicus que, faisant partie avec le colonel Edane et le commandant Olivier Ze, d’un groupe d’officiers qui ne sont pas logés à bonne enseigne à l’Etat-Major particulier, le colonel Ela Nguema n’aurait jamais été soutenu par le général Amdugou. Alors question : la nomination d’Ela Nguema vient donc d’où ?

Ceux qui connaissent les entrelacs de la présidence de la République estiment, pour répondre à cette question que ce choix est un indicateur fort qui démontre que le président Paul Biya tient encore fermement la barre du bateau et qu’à tout moment, il peut faire bouger les lignes en déjouant les illusions de ses créatures. Seulement quelle gestion veut-on cette fois expérimenter en imposant un militaire à la tête de Camair-Co ?

Pour les optimistes, le choix d’un militaire permet de se défaire résolument de toutes les influences pernicieuses des différents réseaux de pouvoir qui écument les couloirs dès-sociétés publiques, à l’instar de ceux de Ferdinand Ngoh Ngoh trop enclins ces dernières années à siphonner les caisses de ces sociétés pour des positionnements ambitieux autour du pouvoir dans l’optique de l’après-Biya. Etant entendu qu’un militaire n’obéit directement qu’à sa hiérarchie et au chef suprême des armées. Ce choix serait donc celui du président Paul Biya lui-même.

Même si pour des pessimistes, ce choix, avec l’environnement socio-politique actuel, pollué sur le plan international par une mauvaise campagne de dénigrement et de désinformation, pourrait générer un problème de confiance entre les nombreux partenaires privés internationaux et la nouvelle équipé dirigeante. Pour eux, il aurait fallu nommer un Dg connu sur le plan international comme Engelbert Zoa qui a pendant plus de 10 ans siégé à l’Oaci.

Grâce à l’entregent d’un tel haut cadre de l’aviation civile, il peut » facilement contacter de nombreux partenaires utiles pour Camair-Co, et de précieux concessionnaires d’avion comme Bombardier. Un Dg d’un tel pedigree constituerait une vraie garantie pour ces concessionnaires, afin de donner des avions à la Camair-Co.