Politique

Boko Haram/Extrême-Nord : Human Rights Watch exhorte les parlementaires camerounais à tenir une session au sujet des attaques contre les civils

Boko Haram/Extrême-Nord : Human Rights Watch exhorte les parlementaires camerounais à tenir une session au sujet des attaques contre les civils

L’une des attaques récentes les plus meurtrières a été perpétrée à Mozogo le 8 janvier, quand Boko Haram a tué au moins 14 civils.

Depuis décembre 2020, le groupe armé islamiste Boko Haram a intensifié ses attaques contre les civils dans les villes et villages de la région de l’Extrême-Nord du pays, tuant au moins 80 personnes, a déclaré ce lundi 5 avril 2021 Human Rights Watch (HRW).

« Boko Haram mène contre le peuple camerounais une guerre dont le coût humain est choquant. Alors que la région de l’Extrême-Nord du Cameroun devient de plus en plus l’épicentre de la violence de Boko Haram, le Cameroun devrait adopter et mettre en œuvre de toute urgence une nouvelle stratégie respectueuse des droits pour protéger les civils en danger dans cette région. », a affirmé Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur l’Afrique centrale à HRW.

L’organisation a documenté comment une femme kamikaze, membre de Boko Haram, a fait exploser son gilet explosif et tué des civils en fuite. Des dizaines de pêcheurs locaux ont été tués à coups de machette et de couteau. Les recherches menées par l’ONG suggèrent toutefois que le nombre réel de victimes est encore beaucoup plus élevé vu la difficulté à confirmer à distance les détails de telles attaques, qui ne sont souvent pas signalées.

Entre le 25 janvier et le 25 février 2021, Human Rights Watch s’est entretenu par téléphone avec 20 victimes et témoins de cinq attaques perpétrées par Boko Haram depuis la mi-décembre dans les villes et villages de Blabline, Darak, Gouzoudou et Mozogo, situés dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun.

Violations des droits humains

L’ONG a aussi interrogé deux victimes et un témoin de violations des droits humains commises dans la région par des soldats camerounais. L’organisation a passé en revue les informations d’organisations humanitaires et autres organisations non gouvernementales, ainsi que des informations de médias locaux sur les attaques perpétrées dans la région.

L’une des attaques récentes les plus meurtrières a été perpétrée à Mozogo le 8 janvier, quand Boko Haram a tué au moins 14 civils. Alors que des combattants tiraient sur des habitants et pillaient des maisons, une femme kamikaze s’est infiltrée parmi un groupe de civils en fuite, déclenchant sa veste explosive, selon des témoins.

Human Rights Watch exhorte également le parlement camerounais à tenir une session au sujet de la réponse du gouvernement aux attaques croissantes contre les civils dans la région de l’Extrême-Nord, à fournir des recommandations sur la manière de renforcer la protection des civils, et à solliciter l’aide d’acteurs internationaux si nécessaire.

Le droit international humanitaire

Le droit international humanitaire, applicable au conflit armé avec Boko Haram, interdit les attaques délibérées disproportionnées ou indiscriminées contre des populations et des biens civils. Ceux qui ordonnent ou commettent de telles attaques avec des intentions criminelles sont responsables de crimes de guerre.

« Avec la montée des attaques de Boko Haram au Cameroun, davantage doit être fait pour protéger efficacement les civils, notamment en renforçant la présence militaire et les patrouilles dans la région de l’Extrême-Nord et en veillant à ce que les soldats respectent les droits des habitants », a déclaré Ilaria Allegrozzi.