Politique

Autoroute – Douala- Patrice Amba Salla recadre France 24

Autoroute – Douala- Patrice Amba Salla recadre France 24

Ancien ministre des Travaux publics il estime qu’Hémisphère Média, a tronqué ses propos dans un reportage sur les travaux de rallonge de l’autoroute Douala-Yaoundé

Le 7 octobre 2020, la télévision France 24, diffuse un reportage sur les travaux de construction de l’autoroute Douala-Yaoundé. Une ligne de près de 200 Km qui doit normalement relier les deux plus grandes villes. Dans les faits, les travaux lancés en 2014, devaient s’achever en 2018. Près de deux ans après le délai, 60 Km sont construits.

Interrogé sur le sujet sur France 24, Patrice Amba Salla, l’ancien ministre des Travaux publics dénonçait les soupçons de corruption. «Nous sommes dans un pays où la corruption est assez prononcée; donc il est possible que de faux frais comme ça entrent en compte», avait-il indiqué. Après ce reportage, l’ex-ministre de Biya vient de saisir Hémisphère Média, le fournisseur de contenus de France 24. Il informe dans la lettre qui va suivre que ses propos ont été sortis de leur contexte.

Ici l’intégralité de sa lettre.  

Au sujet de mon interview à France 24, via Hémisphère Média Production, accordée avant la publication des décisions disciplinaires dans mon parti, le RDPC.

​À MONSIEUR PATRICK FANDIO,
​DIRECTEUR GÉNÉRAL DE HEMISPHERE MÉDIA
​PRODUCTION.

​Monsieur le Directeur Général,

​J’ai suivi avec grand étonnement et surprise le reportage que vous avez vendu à FRANCE 24, relatif au chantier de l’autoroute Yaoundé-Douala au cours duquel vous passez un infime extrait de l’interview, de plus de 20 mn, que je vous ai accordée, il y a plus d’un mois à ma résidence à Yde, relative à ma gestion de ce projet.

​Le format « reportage » qui vous est imposé en tant que fournisseur de contenus vous amène à rechercher des éléments d’accroche qui, dans ce cas, semblent inconsistants. Vous avez par conséquent choisi une de mes déclarations, hors contexte, pour tenter de faire croire que j’identifie la corruption comme L’ EXPLICATION de l’état actuel du chantier.

​Je tiens à rappeler que je vous ai accordé une interview pour clarifier mon rôle dans la gestion de ce projet à son démarrage et dissiper le malentendu persistant sur la supposée modification de ses caractéristiques techniques qui serait la source des coûts supplémentaires évoqués il y a un moment. Ainsi, le contrat administratif souscrit par l’entreprise et signé par le Ministère des Marchés publics précise les caractéristiques inchangées en cours de réalisation. Ne trouvant plus matière à questionnement sur ma gestion, il m’a été demandé de réagir sur une étude de la BM établissant le caractère élevé des prix des infrastructures en Afrique centrale et au Cameroun. Je me suis fait le plaisir de vous donner les raisons que j’identifie.

​Tous les facteurs de renchérissements des coûts des infrastructures que j’ai évoqués devant vos micros et bien avant dans mes fonctions ( niveau général des prix induisant très peu de différence entre les offres des soumissionnaires, études sommaires, immobilisations prolongées des entreprises pour libération des emprises ou retard de paiement, logique de cartels sur les déterminants essentiels et la méthodologie, manœuvres illicites, installés et profitant à des entreprises françaises, premiers occupants du terrain des BTP…) ne pouvant être déroulés que dans le cadre d’une interview, votre choix de l’élément corruption, prend des allures de manipulation outrageuse, même si on ne perd pas de vue que la manipulation est dans l’ADN des mass média et que la recherche du sensationnel pourrait bien être le moteur des actions d’un fournisseur de contenus.

​Eu égard au fait que l’interview ne fait pas partie de contenus que vous pouvez vendre au diffuseur FRANCE 24, et pour ne plus avoir à vous faire des demandes de droit de réponse et autres( il ne vous a pas été possible de me communiquer l’adresse mail de votre diffuseur par exemple), je vous notifie par cette correspondance l’interdiction désormais d’utiliser mes déclarations pour illustrer des reportages dont les buts me semblent éloignés du besoin d’informer que j’avais comme souci.

​Cordialement! ​​​​​
Yde le 9 octobre 2020.
​​​​​​​(é) AMBA SALLA PATRICE. Ex MINTP.