Politique

Affaires judiciaires : le Garde des Sceaux en guerre contre la concussion

Affaires judiciaires : le Garde des Sceaux en guerre contre la concussion

A l’issue de la réunion annuelle des chefs de Cours d’appel et des délégués régionaux de l’administration pénitentiaire, Laurent Esso a déploré la résistance des obstacles qui entravent la gratuité des services rendus aux justiciables.

Le mauvais fonctionnement des commissions d’assistance judiciaire, le caractère prohibitif de certains frais légaux, la concussion et les pratiques indélicates de corruption imputables à nombre de magistrats constituent ces obstacles qui entravent la gratuité des services judiciaires. Les magistrats se sont résolus à troquer ces comportements au cours de la dernière réunion annuelle des chefs de cours d’appel et des délégués régionaux de l’administration pénitentiaire des 26 et 27 octobre 2020 à Yaoundé pour des attitudes plus responsables.

Autour du ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Laurent Esso, qui n’a pas eu de peine à reconnaître que dans notre pays, « la justice est gratuite, mais elle coûte chère », les acteurs judiciaires ont fait le serment de tourner le dos à ces dérives afin de rasséréner les justiciables et de renverser ce paradoxe. Pour aboutir à cette « gratuité des services judiciaires », le président de la Cour d’appel du Nord-Ouest et le procureur général près la Cour d’appel du Centre ont montré la voie à suivre.

Au même titre que l’éradication de la corruption en milieu judicaire, « la gestion des établissements pénitentiaires en cas de crise sanitaire », a constitué l’autre sujet de réflexion majeur de ces assises. Dans le cadre de l’adoption des bonnes pratiques et surtout relever le défi sanitaire qu’est le coronavirus, la circulaire relative au renforcement des mesures sanitaires et de sécurité visant à adapter au milieu carcéral, la stratégie de riposte gouvernementale et le décret portant remise et commutation des peines, ont constitué les éléments salutaires dans la maîtrise de la pandémie.

« La combinaison de ces deux mesures a permis d’une manière générale de décongestionner les prisons et de limiter la propagation de la maladie à covid-19 en milieu carcéral », ont indiqué les délégués régionaux de l’administration pénitentiaire du Centre et du Littoral.

Quant aux lenteurs judiciaires, leur réduction est aujourd’hui perceptible à travers les efforts et les actions des acteurs du secteur. Dans ce registre d’améliorations, l’on note « l’accroissement du nombre d’audiences, la rédaction des jugements avant leur prononcé, la signature diligente des décisions rendues, le contrôle régulier des établissements pénitenciers et des gardes à vue dans les unités pénitentiaires, la rationalisation des collégialités dans les juridictions d’instance… »

Pour l’avènement d’une justice plus juste et équitable, le Garde des Sceaux a promis d’apporter des solutions pérennes dans l’amélioration des conditions de travail des acteurs judiciaires. Convaincu que leur déliquescence est parfois cause de dérives diverses. Toutefois, Laurent Esso a précisé que le triomphe face à l’actuel combat du rayonnement de la justice et des services de l’administration pénitentiaire, passe par la mise en œuvre de tout ce qui dépend des acteurs judiciaires en l’état actuel de la législation et de la réglementation.