Politique

« Union sacrée » en RDC: Kabila appelle la coalition au pouvoir à la « résistance » face au président Tshisekedi

« Union sacrée » en RDC: Kabila appelle la coalition au pouvoir à la « résistance » face au président Tshisekedi

L’ex-président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila a reçu les membres du Front Commun pour le Congo (FCC) à son domicile sis à Kingakati. Une rencontre qui avait notamment pour but de parler de l’accord qui le lie à Félix Tshisekedi.

Alors que la crise bat son plein au sein du FCC, la coalition au pouvoir, certains de ses membres se sont rendus jeudi 29 octobre 2020 à Kingakati, lieu où réside l’ancien président congolais Joseph Kabila afin de parler de l’accord liant l’ex-homme fort de la RDC à Tshisekedi, entre autres.

D’après Jeune Afrique, plusieurs personnalités sont intervenues, dont les présidents des deux chambres du Parlement, Jeanine Mabunda et Alexis Thambwe Mwamba, avant que l’ex-chef de l’État ne prenne la parole. Le coordonnateur du FCC, Néhémie Mwilanya, a modéré les échanges, qui ont duré plus de trois heures.

Toujours d’après le magazine panafricain, Joseph Kabila a longuement exposé sa vision de la situation sécuritaire et économique du pays qui, selon lui, « ne s’améliore pas », avant de dresser un état des lieux de la coalition que le FCC forme avec le Cap pour le changement (CACH) de Félix Tshisekedi.

« Pour moi, l’objet de cette rencontre n’est pas de réagir au discours du président ou d’arrêter la position du FCC sur les consultations [nationales, initiées le 23 octobre par le chef de l’État]. Il s’agit de vous expliquer ce que nous estimons être la cause principale de cette crise », a-t-il exposé.

« Que voulez vous que je puisse vous dire au sujet de la coalition, on est au point mort ! a-t-il lancé. Je veux vous recommander de ne pas parler de guerre, mais de résistance, parce que la résistance est un droit ».

Selon l’ancien président, la crise serait essentiellement due au « non-respect » par Tshisekedi de l’accord qui les lie et de la Constitution.

« On ne partage pas les mêmes valeurs avec nos amis du CACH. Le respect de la parole, par exemple. Quand le FCC ou moi vous la donnons, c’est une parole d’honneur. Ou encore le respect des textes. Quand on prend des engagements ou qu’on signe un accord, on va jusqu’au bout. Or, ce n’est pas le cas avec nos amis du CACH ».

Toujours selon le contenu des échanges révélé par Jeune Afrique, Joseph Kabila a longuement évoqué l’accord qui le lie au président Félix Tshisekedi, effectuant un parallèle avec la situation du Congo au moment de l’indépendance, affirmant que « le démon de 1960 est toujours là ».

« Le jour de la signature de l’accord, j’avais dit au président Félix Tshisekedi – et il y a des témoins qui sont ici-même avec nous dans la salle – que nous avions presque la même configuration qu’en 1960 et qu’il nous fallait beaucoup plus de sagesse. Il faut éviter cette tentation d’avoir le contrôle de la majorité et surtout de la décapiter, a-t-il expliqué. Il m’a répondu : Monsieur le Président, ne vous en faites pas, nous allons bien travailler pour le pays, et tout va bien se passer ».

« Je suis convaincu que c’est cet accord qui nous a permis jusque-là d’avoir la paix et la stabilité. Il est intitulé “Accord pour la paix et la stabilité en République démocratique du Congo”. Je vous promets de vous en amener, la prochaine fois, une copie, et que l’on en fera la lecture ensemble ».

« 2023 n’est plus loin »

« La majorité du FCC est réelle et nous nous devons tous de défendre ce pouvoir. Chacun doit se préparer pour 2023, ce n’est plus loin », a conclu l’ancien chef d’État congolais.