Politique

« Le Cameroun est aujourd'hui une véritable source d'inquiétude »

« Le Cameroun est aujourd'hui une véritable source d'inquiétude »

Aimé Cyprien Olinga, président du front démocratique révolutionnaire

« Un adage populaire nous renseigne que pour | mieux asservir n les populations dans un pays il faut les diviser : « Diviser pour mieux régner ». Car un uni est difficile
ment manipulable.

Le Cameroun est aujourd’hui une véritable source d’inquiétude pour tous les observateurs avertis du microcosme sociopolitique de notre pays au regard de son fonctionnement actuel dont l’unité est sérieusement menacée par la guerre au Nord-ouest et au Sud-ouest, le tribalisme, l’exclusion, les affrontements politiques et surtout les libertés publiques qui sont effectivement et dangereusement étouffées.

Pour le F.D.R « Front Démocratique Révolutionnaire » du Cameroun, notre parti politique, nous croyons fermement que la longévité au pouvoir du président Paul Biya est la source de tous ces dysfonctionnements dont l’impact est préjudiciable à notre volonté commune de vivre ensemble dans l’harmonie et la paix. Nous observons de manière générale que ce sont les régimes qui ont duré pendant des décennies à la tête des États qui ont malheureusement développé ces tares et avatars.

Et leur fin a toujours été catastrophique pour ces peuples. Les régimes perpétuels sont un poison pour la paix, la démocratie, la cohésion sociale et l’État de droit. Ces régimes dictatoriaux, pour se maintenir aux affaires s’adossent souvent sur la corruption, le clientélisme, le népotisme, la répression systématique de toute volonté réelle ou supposée de dissidence.

En effet, il faut reconnaître que ces profondes divisions pour ce qui est du Cameroun profitent d’abord au régime du renouveau qui dé tout temps s’est toujours appuyé dessus pour se maintenir au pouvoir. Ensuite à notre administration post-coloniale extrêmement corrompue qui estime qu’un changement de régime lui ferrait perdre ses privilèges et autres avantages indus.

De la période coloniale à nos jours, les autorités ont toujours utilisé le tribalisme, l’exclusion, la division et la violence d’État pour gouverner et surtout empêcher que le peuple ne prenne conscience de sa vulnérabilité, son exploitation et de sa servitude. Une telle prise de conscience aboutit toujours à la révolution.

Le fameux concept de « l’axe Nord-Sud » initié depuis la période de tutelle semait déjà les germes de ces divisions et autres politiques d’exclusion qui nous rattrapent aujourd’hui.

Il faut donc pour ramener là vraie unité nationale : premièrement exorciser les vieux démons de la division par un dialogue national véritablement inclusif, suivi des réformes profondes de notre État et des institutions. C’est ce que nous appelons au F.D.R « la refondation ».

Ensuite établir de manière claire les mécanismes de transfert pacifique et démocratique du pouvoir par la réforme de l’ensemble de notre système électorale ainsi que l’adoption de la limitation des mandats présidentiels à un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois ; le verrouillage de cette disposition constitutionnelle pour qu’aucun autre régime ne puisse plus jamais la modifier.

Deuxièmement adopter les règles de bonne gouvernance qui permettent à toutes les populations au-delà de leurs origines ethniques de se sentir mieux intégrées comme des citoyens à part entière et non des citoyens entièrement à part de notre pays. Pour cela il faut renforcer la justice sociale par une meilleure répartition des richesses nationales, une meilleure planification du développement, la mise en œuvre des politiques publiques en concertation avec les populations ainsi qu’une juste répartition des projets de développement sur l’ensemble du territoire national.

Renforcer la démocratie et consolider l’État de droit, promouvoir de manière effective les libertés publiques, qu’elles soient individuelles ou collectives. Il faut également au plan politique que les acteurs soient tolérants pour ne pas assimiler le combat politique à un combat de gladiateurs où tous les coups sont permis pourvu que l’on fasse plus de mal à l’adversaire ; Même si cela se fait au détriment de la cohésion nationale. Eviter désormais que par les intimidations la violence et la terreur toute une région comme le Sud du Cameroun ne soit la chasse gardée du seul parti au pouvoir.

C’est à ce prix que l’on peut à notre avis espérer un vivre-ensemble réel et une décrispation de notre environnement politique et social « .