Politique

« La réforme du système électoral entraînera la fin du régime »

« La réforme du système électoral entraînera la fin du régime »

Aimé Cyprien Olinga, président du front démocratique révolutionnaire.

« Un pays démocratique a des critères sur la base desquels il est évalué à savoir : Le multipartisme, la liberté d’expression et de manifestations, l’alternance régulière à la tête de l’État, le libre choix des dirigeants à travers un processus électoral fiable c est-a-dire juste, transparent et équitable.

Le F.D.R «Front Démocratique Révolutionnaire» notre parti politique demande depuis longtemps la modification consensuelle de notre système électoral parce que nous sommes convaincus que celui qui est actuellement en vigueur dans notre pays ne permet pas que les résultats des élections reflètent la volonté du peuple souverain. Car il ne permet pas que les élections dans notre pays soient justes, transparentes et équitables. Un grand dictateur, pour justifier ce genre de système déclarait que le plus important dans un système électoral n’est pas de savoir qui vote mais qui compte les votes et proclame les résultats.

Le régime en place depuis 38 ans au Cameroun ne veut point de cette modification consensuelle de notre système électoral parce que celui qui est actuellement en vigueur a été taillé à sa mesure et surtout verrouillé pour servir ses intérêts. Un adage populaire ne dit-il pas que : « nul ne peut scier la branche sur laquelle il est assis».

Le régime au pouvoir sait mieux que quiconque qu’en acceptant la modification du système électoral comme la coalition les forces du changement pour la paix et la démocratie dont fait partie le F.D.R notre parti demande, le pouvoir en place va s’écrouler comme un château de cartes. Car il ne pourra plus avoir la possibilité de bourrer les urnes, d’acheter les consciences par la corruption, d’organiser les charters et les votes multiples et falsifier les procès-verbaux avec l’aide des agents d’Elecam. C’est une vérité de Lapa-lisse que c’est par ces moyens que le régime s’ éternise au pouvoir de manière illégitime au détriment du peuple paupérisé et meurtri par la misère, les injustices de toute sorte et les violations graves de ses droits inaliénables.

En retardant depuis des décennies la réforme du système électoral et des institutions, nous avons la certitude que le régime s’est octroyé des « victoires » en toute illégalité et ne souhaite pas perdre ce privilège mieux cet avantage indu. Ce système verrouillé fait le bonheur des torpilleurs de la démocratie et des libertés qui nous gouvernent illégitimement depuis l’indépendance.

Un tel système électoral ne peut permettre ni le libre choix des dirigeants, ni l’émergence d’une nouvelle élite politique encore moins d’une véritable démocratie et l’État de droit. La gérontocratie qui a pris l’État du Cameroun en otage et qui au fil des consultations électorales ramène les mêmes individus aux résultats médiocres au affaires est la résultante de ce système verrouillé, inique, injuste et qui manque totalement de transparence.

En réalité, il s’agit d’un système improductif animé par des personnalités plus préoccupées à s’enrichir et à positionner les membres de leurs familles dans le but d’une reproduction sociale actuellement en cours d’instauration au Cameroun que les révolutionnaires, militants et sympathisants du F.D.R trouvent scandaleuse et inacceptable.

Au regard des tares et avatars du système électoral actuel dans notre pays que nous avons évoqués précédemment, il est évident que la modification mieux la réforme consensuelle de ce dernier entraînera de facto la fin du régime du président Paul Biya. Ce régime quarantenaire qui souffre aujourd’hui d’un sérieux problème de légitimité est conscient qu’une telle réforme entraînera automatiquement une alternance politique au Cameroun.

C’est la raison pour laquelle ce régime bloque des quatre fers cette modification pourtant salutaire pour la modernisation de notre processus électoral et une démocratisation véritable de notre pays. En retardant indéfiniment cette réforme comme nous le constatons malheureusement, le régime se donne un temps de sursis qui ne tardera pas bientôt à le rattraper ».