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Niger: l'opposant Hama Amadou dans le viseur des autorités

Niger: l'opposant Hama Amadou dans le viseur des autorités

La crise post-électorale a connu un nouveau tournant au Niger avec la mort de deux hommes et près de 470 arrestations, selon le ministère de l’Intérieur. Lors d’un point presse, le ministre Alkache Alhada a expliqué que certains hommes politiques avaient été arrêtés et que l’opposant Hama Amadou, était recherché.

Pour le ministre de l’Intérieur Alkache Alhada, Hama Amadou entretient la tension dans le pays depuis des mois par ses diverses prises de paroles publiques. Il pointe notamment le discours du 21 août dernier où l’opposant appelle à une alternance du pouvoir avant même l’élection présidentielle. « Comment peut-on, avant les élections, organiser une alternance autrement que par la force, autrement que par un coup d’État en fait ? Le 22 septembre, il disait que si sa candidature n’était pas retenue, ce qui était arrivé au Mali arrivera au Niger. Il est arrivé au Mali… un coup d’État… Je ne fais même pas cas des propos racistes qu’il a proférés, ce n’est pas responsable ».

« Tous les actes qu’ils ont posés sont des actes répréhensibles, les auteurs, les coauteurs, complices, instigateurs. Nous n’oublierons rien. Les dossiers sont en préparation et ils vont payer. Nous n’accepterons pas que ce pays devienne un pays de dictature, nous n’accepterons pas que ceux qui veulent coûte que coûte, quelles que soient les conditions, y compris en mettant le feu, arriver au pouvoir, nous n’accepterons pas ça », a martelé le ministre de l’Intérieur, accusant Hama Amadou du Moden Fa Lumana Africa d’être à l’origine des troubles.

De son côté, le candidat de l’opposition estime que ces interpellations sont indues et qu’elles ne visent que des personnes de son camp : « Si vous prenez la région au niveau de Niamey, les arrestations sont faites sans qu’il y ait un mandat d’arrêt notifiant clairement de quoi il s’agit. Et on se rend compte que c’est uniquement les gens de mon camp, ce n’est pas normal, parce que ces interpellations et ces arrestations sont sans aucune base », s’indigne M. Ousmane.

Il accuse notamment les autorités de vouloir entraver la préparation des recours auprès de la Cour constitutionnelle. « Cela nous porte préjudice parce que nous sommes dans une phase où chacun des deux compétiteurs est en train de rassembler les matériaux pour étayer ses arguments auprès de la Cour », conclut-il.

Dans l’après-midi de jeudi, le domicile d’Hama Amadou était encerclé par des dizaines de véhicules de la gendarmerie et des forces anti-terroristes.