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Mali : Le Président Ibrahim Boubacar Keïta entre les mains des militaires mutins

Mali : Le Président Ibrahim Boubacar Keïta entre les mains des militaires mutins

Alors que le Président malien se trouvait dans sa résidence de Sebenikoro à Bamako, il a été arrêté par des militaires mutins vers 16 heures 30 minutes, heure locale. Des informations concordantes filtrent qu’il était en compagnie son Premier ministre Boubou Cissé, et de son fils, le député Karim Keïta. Tous laissent ainsi à croire qu’il s’agirait d’un coup d’Etat dont les contours se précisent.

 

C’est par un message lu sur les antennes de la chaîne nationale (Ortm1) que celui qui est désormais comme ancien homme fort de cet Etat situé en Afrique de l’Ouest s’est adressé à ses compatriotes. Une sortie de 04 minutes 57 secondes au cours de laquelle il a annoncé son départ, la dissolution de l’Assemblée nationale ainsi que celle du gouvernement.

Le film des évènements tel que relayés par les médias ce 18 Août, ainsi que de l’avis des analystes politiques interrogés sur la situation sécuritaire au Mali, présageait d’une fin pareille pour celui qui a vécu en maître absolu au Mali depuis 2013.

Les appels au dialogue n’ont pas donné les résultats escomptés et, après la destitution d’Ibrahim Boubakar Keita, l’on annonce pour les prochaines heures, l’arrestation par les insurgés des plus proches collaborateurs du président déchu.

Un militaire ayant préféré de s’exprimer sous anonymat confie, « nous pouvons vous dire que le Président et le Premier ministre sont sous notre contrôle. Nous les avons arrêtés chez lui ». A en croire une autre source militaire dans le camp des mutins, « le Président Keïta et son Premier ministre sont dans un blindé en route pour Kati », camp militaire de la banlieue de Bamako, la capitale malienne où la mutinerie a débuté dans la matinée.

Rappelons que mardi, les Etats membres de la Cedeao s’étaient clairement opposé à l’idée d’un changement politique qui serait contraire à la loi fondamentale du pays. Ils ont eu à dénoncer une mutinerie « mutinerie » en cours à Bamako et appelé les militaires maliens à « regagner sans délai leurs casernes ». C’est ainsi que dans un communiqué la Cedeao rappelle « sa ferme opposition à tout changement politique anticonstitutionnel et invite les militaires à demeurer dans une posture républicaine ». L’organisation communautaire ouest africaine ajoute par ailleurs, « en tout état de cause, elle condamne vigoureusement la tentative en cours et prendra toutes les mesures et actions nécessaires à la restauration de l’ordre constitutionnel ».

L’émissaire américain pour le Sahel, Peter Phan a lui aussi indiqué que les Etats-Unis s’oppose à tout changement de gouvernement en dehors du cadre légal, y compris par l’armée. Rappelons que c’est depuis juin dernier que le Mali traverse une grave crise socio-politique. Cette mutinerie et arrestation viennent tout simplement rendre la situation plus complexe surtout quand on sait que le mouvement d’opposition du 05 juin réclame le départ du Président IBK au pouvoir depuis 2013.

L'intégralité du message d'Ibrahim Boubacar Keïta 

« Officiers – Officiers supérieurs – Officiers généraux de l’armée malienne, pendant sept ans, j’ai eu le bonheur d’essayer de redresser ce pays, du mieux de mes efforts car, dès ma première mission de chef de gouvernement de ce pays, je suis convaincu, des efforts fabuleux qu’il fallait mettre en œuvre pour redonner corps et vie à l’armée malienne. D’où cette idée d’une programmation et d’une orientation militaire…

Je pense qu’à chaque moment, sa vérité. Si aujourd’hui, après des semaines de turbulence, les manifestations diverses qui ont fait hélas des victimes devant lesquelles je m’incline, que je n’ai jamais souhaité, chacun dans ce pays le sait mais lorsqu’on est dans la rue, on ne sait jamais ce qui peut en résulter, le bien ou le mal mais hélas, le pire en a résulté.

Si aujourd’hui, il a plu à certains éléments de mes forces armées de conclure que cela devait se terminer par leur intervention, ai-je réellement le choix ? Me soumettre car je ne souhaite qu’aucune goutte de sang ne soit versée, pour mon maintien aux affaires.

Pourquoi ?

Je voudrais, en ce moment précis, tout en remerciant le peuple malien de son accompagnement le long de ces dernières années, de la chaleur, de son affection vous dire de ma décision, de quitter mes fonctions, toutes mes fonctions à partir de ce moment. Et, avec toutes les conséquences de droit, la dissolution de l’Assemblée nationale et celle du gouvernement.

Qu’Allah aide et bénisse le Mali.

Je n’éprouve aucune haine vis-à-vis de personne. L’amour pour mon pays ne me le permet pas, que Dieu nous sauve ».

Innocent D H