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« Ils ont tué ma mère, mon fils... », un opposant au Tchad accuse l'armée d'avoir attaqué sa résidence à Ndjamena

« Ils ont tué ma mère, mon fils... », un opposant au Tchad accuse l'armée d'avoir attaqué sa résidence à Ndjamena

Le domicile de Yaya Dillo, opposant tchadien et candidat à l’élection présidentielle a été attaqué par des hommes armés. A en croire le principal concerné au micro de RFI, plusieurs personnes de son entourage ont été tuées. Des propos réfutés par le ministre tchadien de la Communication et porte-parole du gouvernement, également joint part RFI.

L’opposant tchadien Yaya Dillo a évoqué plusieurs morts parmi ses proches ce dimanche matin lors d’une attaque de son domicile par des hommes de l’armée tchadienne, plus précisément par une unité de la garde présidentielle dirigée par le fils du chef de l’Etat. Son fils ferait partie des victimes.

« Oui, à 5 heures du matin ils ont attaqué mon domicile. Les gens de la garde rapprochée du président… Ils ont tué ma mère, mon fils et trois de mes parents », a-t-il déploré.

Yaya Dillo est toujours retranché dans sa maison à l’heure actuelle… Et internet est coupé à Ndjamena pour des raisons de sécurité, précise le gouvernement.

La légitime défense évoquée par le porte-parole du Gouvernement

Selon le ministre tchadien de la Communication et porte-parole du gouvernement, « il ne s’agit pas d’une attaque armée du domicile d’un opposant mais d’un refus (de sa part) de répondre à deux mandats judiciaires ».

Toujours d’après Chérif Mahamat Zène, les forces de l’ordre ont tenté d’arrêter Yaya Dillo ce matin et, ayant essuyé des tirs à leur arrivée, elles « n’ont eu autre choix que de riposter ».

Le ministre fait état de deux morts et de cinq blessés dont trois policiers. Tout en disant regretter qu’on en soit arrivé là, le gouvernement condamne ce qu’il qualifie de rébellion armée et évoque « une tentative bien planifiée de déstabilisation de l’Etat ».

En rappel, Yaya Dillo, ancien chef rebelle, un temps rallié au président Idriss Déby, a déposé un dossier de candidature en vue de l’élection présidentielle du mois d’avril. Egalement ancien ministre, proche parent du chef de l’État et originaire de la même région, Yaya Dillo Djerou a été investi pour ce scrutin présidentiel par le Parti socialiste sans frontière. « L’objectif, c’est de m’assassiner ! », confiait-il à RFI.