Economie

Recrutement de 25000 jeunes dans la fonction publique: de nombreuses personnes sans salaires depuis 10 ans

Recrutement de 25000 jeunes dans la fonction publique: de nombreuses personnes sans salaires depuis 10 ans

Après de multiples requêtes introduites au ministère de la Fonction publique et les arbitrages infructueux de la Primature, le collectif des contentieux des 25000 jeunes diplômés d’Etat est désemparé.

L’opération spéciale de recrutement de 25000 jeunes diplômés dans la fonction publique, instruite par le président de la République Paul Biya, en février 2011, a viré au fiasco pour de nombreux jeunes recrutés. 10 ans après cette opération, plusieurs d’entre eux sont encore sans contrats, sans matricules et sans prise en charge salariale.

C’est le cas Jeanne Prisca Angue Bengono, en service à la Cour d’Appel du Sud à Ebolowa depuis le 6 août 2012 : «On nous avait promis que notre situation salariale sera prise en compte dans les six mois qui suivaient mais cette promesse dure depuis dix ans. En plus de vouloir rétrograder la catégorie dans laquelle j’ai été recrutée, je n’ai pas jusqu’ici de matricule. Nous vivons un vrai enfer», déplore-t-elle dans les colonnes du quotidien Le Messager édition du 28 janvier 2021.

Francine Ekoumou, contractuelle d’administration, vit aussi la même galère : «Affectée par le ministère des Affaires sociales au Commissariat du 6e arrondissement à Yaoundé. D’abord catapultée dans la région du Nord où elle a passé trois années infernales sans salaires, sans prise en charge et sans bénéficier au moins de la sollicitude du MINFOPRA, c’est après plusieurs négociations qu’elle a été ramenée à la capitale politique où son martyr est loin d’avoir atteint son terminus». Peut-on lire.

La longue attente

Après de multiples requêtes introduites au ministère de la Fonction publique et les arbitrages infructueux de la Primature, le collectif des contentieux des 25000 jeunes diplômés d’Etat est désemparé : «Nos dossiers ont déjà passé plus de six mois (depuis le 22 juillet 2020 Ndlr) au MINFOPRA. Sans succès. Si nous saluons l’implication du ministre de la Fonction publique qui nous a écouté et nous a promis de remédier à cette situation, il y a que nous continuons de tirer le diable par la queue; nous avons des responsabilités, des bouches à nourrir et c’est vraiment compliquer de joindre les deux bouts», confie Francine Ekoumou, la porte-parole du collectif.

Rappelons que quelques mois après le recrutement, le ministre de la Fonction publique de l’époque, Emmanuel Bonde, avait déclaré que les salaires des agents seront payés dès la fin du mois de janvier 2012. Contactés par Le Messager, certains collaborateurs de l’actuel Minfopra préfèrent accuser la presse de vouloir envenimer «une situation qui est sous contrôle et en voie d’être résolue par le ministre».