Economie

Plan triennal « Spécial jeunes » : les maires crient au scandale dans la sélection des bénéficiaires

Plan triennal « Spécial jeunes » : les maires crient au scandale dans la sélection des bénéficiaires

Les maires de Messamena et celui d’Atok, dans la région de l’Est, ont saisi le Minjec pour dénoncer des manœuvres dans le Plan triennal « Spécial jeunes ».

Le maire de Messamena, une commune du Cameroun située dans la région de l’Est, n’est pas content. Dans une correspondance adressée au ministre de la Jeunesse et de l’éducation civique (Minjec), Mounouna Foutsou, le 10 novembre 2020, il relaie les revendications des jeunes de sa localité. Ces réclamations sont liées à l’allocation des financements dans le cadre du projet Plan triennal « Spécial jeunes » (PTS).

Les jeunes de Messamena se révoltent contre la présence de deux noms dans la liste des 33 bénéficiaires des financements dans toute la région : « Il est clair et établi que ces deux jeunes retenus ne sont pas connus à Messamena, parce que n’y ayant jamais résidé et surtout ne faisaient pas partie des 50 jeunes présélectionnés au départ », indique le maire Serge Alfred Nkouok.

Bien avant l’exécutif municipal, le 6 novembre, c’était le maire d’Atok (toujours dans la région de l’Est), Jean Yves Bok, de saisir le Minjec. Il dénonçait également « des manœuvres qui ont permis d’octroyer des crédits de financement des business plans à 4 jeunes inconnus, non-résidents et non ressortissants de la localité au détriment de ceux de la localité ayant déposé 11 dossiers ».

« Une faute grossière et insultante »

Le maire de cette commune du département du Haut-Nyong regrette qu’ « aucun jeune de la localité ne bénéficiera du financement et pourtant 11 de leurs noms sont éligibles et figurent dans la liste publiée ». Selon lui, il s’agit « d’une faute grossière et insultante, de nature à effriter la crédibilité de nos programmes ». Pour finir, il exige l’annulation de la liste des bénéficiaires de cette commune.

Ignorant toutes ces reproches, le Minjec soutient plutôt que « la principale difficulté dans l’exécution du Plan triennal “spécial-jeunes” demeure la mise à disposition des financements. Cette difficulté se traduit à la fois par la lenteur dans le virement ainsi que par l’insuffisance des allocations ».

Officiellement lancé en janvier 2017, le PTS a pour but d’accompagner et à encadrer les projets portés par 1,5 million de jeunes, à raison de 500 000 par an. La finalité étant d’améliorer leur intégration socioéconomique. Il est doté d’une enveloppe globale de 102 milliards FCFA.