Economie

Pari réussi au Pad : Bolloré devient fou...

Pari réussi au Pad : Bolloré devient fou...

Tous les succès que connaît l équipe dirigeante du Port Autonome de Douala (Pad) ont fini par déboussoler les hommes de Vincent Bolloré. La preuve ? Un navet diantrement balancé sur les réseaux sociaux, il y a quelques jours, pour tenter de jeter l’opprobre sur Cyrus Ngo, Ayem Mauger et Ferdinand Ngoh Ngoh, fallacieusement accusés d avoir touché des rétro commissions versées par les Suisses de Terminal Investments Limited (TH).

«(…) Les Suisses de Til dont Baba Danpullo était l’intermédiaire disent qu’ils sont fatigués d’attendre la gestion du terminal à conteneurs du port de Douala. En effet, l’entreprise avait versé des milliards de Fcfa de retrocommissions à Ferdinand Ngoh Ngoh, Ayem Mauger pour obtenir après l’exclusion de Bolloré et Maerks de la gestion du terminal à conteneurs de Douala (…) »

Dans une lettre adressée le 1er décembre 2020 au patron du Port autonome de Douala (Pad), Cyrus Ngo’o, Ammar Kanaan annonce la visite au Cameroun ce mois de janvier de David El-Bez, directeur des investissements, l’homme-qui a piloté le dossier, afin de rappeler leur « souhait de signer la convention de concession dans les plus brefs délais et de commencer à opérer le terminal de Douala, selon es termes fixés. (… )”»

Pour Boris Bertolt, l’auteur du navet en circulation sur les réseaux sociaux, cela veut tout simplement signifier que : « David El-Bez vient au Cameroun demander ceci à Ngoh Ngoh et compagnie : « est-ce que c’est comme ça qu’on s’était arrangé ? Où sont nos dos ? »” A tout le moins, c’est ce que, à travers ce vrai florilège de contre-vérités et de mensonges grossiers, les bruyants clairons à la solde de Bolloré, pratiquement épouvantés, tentent avec une frénésie luciférienne d’instiller dans l’opinion depuis quelques jours.

Pour être plus précis, Boris Bertolt, avec sa mauvaise foi chronique en bandoulière, accuse carrément les hauts responsables camerounais d’avoir perçu des mirobolantes sommes d’argent versées par les Suisses, afin d’exclure Bolloré de la gestion du terminal à conteneurs. Pour de nombreux observateurs, nul besoin de verser dans l’art de la divination pour imaginer où se trouve la culasse d’où partent les feux d’artifice. Mais ces croassements, bien que d’une vacuité évidente, méritent plus qu’un haussement d’épaules.

Car, à rebours de cette version pleine d’anecdotes hallucinatoires, nous apprenons, sous d’éclairages d’orage, qu’à la demande du président Paul Biya, himself, le Pad a récemment déposé une plainte contre Bolloré pour détournement de deniers publics. Nos sources parlent de près de 665 milliards de Fcfa…Dans la même foulée, nous avons également appris que le Pad a récemment exercé le recours devant la Cour d’appel de Paris pour diverses violations de la loi, pour l’annulation de la sentence rendue, mi-novembre 2020.

Bonnes nouvelles

Pour la petite histoire, on les avait vus, gloussant d’aise et vidant d’excellentes bouteilles, pour annoncer que le Pad venait de perdre le procès en arbitrage contre Bolloré à Paris à raison de 4 millions d’euros avant fin décembre et 4 millions d’euros/an pendant 15 ans, date de durée de la concession. Nos sources indiquent que face à toutes ces informations, Bolloré a beau forcer le sourire pour feindre l’indifférence, il accuse le coup. Ce d’autant plus que les autres bonnes nouvelles qui viennent du Pad par rapport à la régie du terminal à conteneurs, au dragage du port, au remorquage et au lamanage, ne sont pas là pour le rasséréner.

En effet, après un an d’existence, la Régie du terminal à conteneurs (Rtc), c’est plus 50 milliards de Fcfa de chiffre d’affaire ; plus de 370 000 conteneurs traités et manutentionnés ; 14,169 milliards de Fcfa reversés au Pad au titre de la redevance ; et plus de 5,5 milliards de Fcfa d’impôts payés. De quoi ébranler Puteaux, le siège du Groupe Bolloré en France…

Le dragage du port mis en service de la régie déléguée, n’est pas en reste. Surtout quand on s’imagine que sur les 15 dernières années, uniquement pour le dragage du chenal d’accès au port de Douala – Bonabéri, le Pad aura déjà dépensé plus de 156 milliards de Fcfa, soit une moyenne de 10,5 milliards Fcfa par an.

Bon à savoir : pour la première fois le dragage a produit l’année dernière de l’argent, après la signature de 2 contrats d’une valeur cumulée d’environ un milliard de Fcfa, le Pad a réalisé des travaux de dragage au profit d’entreprises immobilières privées qui avaient besoin de nouveaux équipements pour la production des remblais nécessaires à l’aménagement de leurs terrains. Que de bonnes nouvelles…

Que dire du remorquage ? Simplement qu’après avoir été créée par le Conseil d’administration du Pad le 22 décembre 2020, la régie déléguée du remorquage est entrée en activité avec à la clé les remorqueurs Manga Bell et Aturri, sous la férule de Dieudonné Lin Onana Doh.

Au détriment de Boluda France qui a longtemps exploité cette activité avec celle du lamanage, aujourd’hui exploité par l’entreprise Fako Shipping and Transport Company de Charles Namme Menyoli depuis le 30 décembre 2020. Face à tous ces succès, il devient de plus en plus évident qu’aujourd’hui rien n’échappe aux serres de la pensée des hommes de Bolloré. Une pensée résolument dopée par une inextinguible soif de revanche et de sabotage.