Economie

la corruption fait de la résistance

la corruption fait de la résistance

Le rapport 2019 de la Conac, publié hier jeudi, recense les administrations les plus exposées au fléau sur la base des dénonciations des usagers

Dans son rapport 2019 sur l’état de la corruption au Cameroun, publié hier jeudi, la Commission nationale anti-corruption (Conac) dit avoir, à elle seule, reçu un total de 22.422 dénonciations sur la période sous revue. Les litiges fonciers remportent la palme d’or, avec pas moins de 300 cas signalés. Il est talonné par celui des marchés publics (250). Au cours de la même année, 135 actes de détournement de fonds ont été portés à l’attention de l’institution par voie de courriers écrits ou électroniques.

La gestion des frais des Associations des parents d’élèves et enseignants (Apee) et des ressources des établissements scolaires, qui fait d’ailleurs grand débat actuellement avec un certain nombre de sanctions prises à l’encontre de plusieurs responsables, a fait l’objet de 120 dénonciations. La gestion des ressources communales et les indemnisations des sinistrés et déguerpis des projets connaissent également beaucoup de problème, avec 85 dénonciations chacune.

Viennent ensuite le monnayage des actes administratifs (80), les activités illicites et illégales dans le commerce, l’exploitation forestière et industrielle (80), l’enrichissement illicite (80), la fraude douanière (70), le licenciement de personnels (60), le monnayage des services judiciaires (55), la gestion des ressources allouées aux organisations sportives (55), la gestion des ressources hospitalières (55), la gestion des stations de pesage routier (55) et le monnayage des services médicaux (52).

Les abus d’autorité et de fonction (50), l’arnaque au téléphone (50), le monnayage des postes d’affectation et des recrutements (50), la désignation des chefs traditionnels (45), le monnayage des concours (45), le rançonnement et la corruption des contribuables (42), le monnayage des services des forces de l’ordre (40), les discriminations ethniques et tribales (40), la gestion des entreprises, programmes et projets de l’Etat (40), le détournement de projets (40), la fraude et l’évasion fiscales (35), l’avancement des personnels, les arnaques et le racket sur la voie publique, etc., constituent autant de tares qui continuent d’exposer un très grand niveau de corruption au Cameroun.

Sans surprise, cet inventaire des dénonciations effectué par la Conac se concentre autour des administrations historiquement les plus talées, ou du moins les plus exposées au fléau. En 2019, la Conac a adressé 188 correspondances au ministère des Finances relativement aux dénonciations des cas de corruption par les usagers, mais elle n’a reçu que 43 réponses

Départements

Elle a saisi le ministère des Enseignements secondaires (Minesec) 127 fois pour les mêmes raisons, pour à peine 29 réponses et le ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (Mindcaf) à 117 reprises. Le ministère de la Santé publique (98), le ministère des Marchés publics (96), le ministère de l’Education de base (86), le ministère de l’Administration territoriale (75), le ministère de la Justice (66), le ministère du Travail et de la Sécurité sociale (49) et le ministère de la Défense (29), sont les départements qui ont le plus été saisis par les enquêteurs de la Conac. Tous se sont montrés très peu coopératifs, si l’on s’en tient au nombre très faible de réponses qui leur auront été retournées.