Economie

Des unités clandestines de vins et spiritueux pullulent dans les villes camerounaises

Des unités clandestines de vins et spiritueux pullulent dans les villes camerounaises

9 février 2021, une perquisition permet de saisir un  important stock de vin, de champagnes frelatés, un fut d’éthanol, dans un domicile à Yaoundé. Le 9 octobre 2020, une unité de production de faux vins et whiskies est démantelée à Douala.

Une perquisition ordonnée par le procureur de la République a permis, 9 février 2021, l’interpellation d’un couple. Il était le propriétaire d’une distillerie clandestine de vins et spiritueux de contrefaçons. C’était au quartier Elig-Edzoa Yaoundé.
Selon la presse locale, la police a saisi un « important stock de vin, de champagnes frelatés, un fut d’éthanol, des vignettes Cemac de plusieurs produits, dont Guinness, St-James, Wilson, Moët, Black Label et autres, des bouchons et capsules, des colorants et même du cannabis ».

Les deux suspects, mis aux arrêts, sont passés aux aveux à la grande joie des voisins pour qui cette activité était source d’insécurité dans la zone. Martin Camus Mimb, le promoteur d’une radio urbaine émettant de Douala, croit savoir que « cette minuscule distillerie ne peut pas à elle seule alimenter tous les snacks, night-clubs et caves privées du Cameroun ». Pour lui, il en existerait entre une cinquantaine et une centaine à Douala et Yaoundé, les deux principales villes du pays.

Le journaliste sportif n’a pas tort. Le 9 octobre 2020, une opération conduite par le préfet du département du Wouri à Bonabéri, dans la périphérie de Douala, a démantelé une unité de production de faux vins et whiskies installée dans une maison insalubre.

Produits impropres à la consommation

Sur place, les forces de l’ordre ont arrêté une dizaine « d’employés » en plein travail et mis la main sur de vieilles bouteilles de vin servant de conditionnement à un liquide rouge conservé dans des tonneaux.

La saisie concerne également des vignettes de marquage mises en circulation par l’Etat pour lutter contre la contrebande des liqueurs et autres vins, qui donnent à ces produits pourtant dangereux l’apparence de vrais vins.

Peu de temps avant, la brigade nationale de contrôle et de répression des fraudes du ministère du Commerce a débusqué à Yaoundé un entrepôt spécialisé dans le reconditionnement de produits impropres à la consommation, dont des whiskies d’une marque inconnue du ministère du Commerce.