Economie

Cellule projets BAD-BM au Mintp : un sanctuaire de la corruption des marchés routiers

Cellule projets BAD-BM au Mintp : un sanctuaire de la corruption des marchés routiers

La cellule des projets BAD-BM au ministère des Travaux publics qui pilote certains projets routiers est à ce jour, le foyer des tripatouillages dans l’attribution des marchés. Avec à sa tête un chef qui est membre des différentes commissions d’attribution dont les financements sont issus de  ces partenaires, ignorant par là même, le principe du moins-disant dans le rapport qualité/prix, à la base de l’attribution des marchés publics, avec à la clé, un endettement conséquent de l’Etat.

Les rapports d’évaluation des offres et propositions d’attribution des marchés routiers au Cameroun sont devenus des pièces rares, même pour les soumissionnaires, au ministère des travaux publics. Quand on réussit à obtenir un, ce qui y est écrit, en termes de propositions d’entreprise devant exécuter le marché, et celle finalement présente sur le terrain rend le lecteur dubitatif.

Plusieurs chantiers ont ainsi ces derniers temps, été attribués, non pas aux entreprises arrivées en tête dans les choix des évaluateurs, parfois avec des économies conséquentes pour la quote-part camerounaise, quand bien même le dossier technique de tous les soumissionnaires était bien ficelé. Comment comprendre ainsi que pour les marchés-de construction des routes Bogo-Pouce dans le Nord, Lena-Tibati dans l’Adamaoua ou Ntui-Mankim dans le Centre, les dossiers retenus par les différentes commissions soient ceux où les entreprises plus disantes au-delà de six à 10 milliards plus cher que la norme, aient été choisis pour exécuter les travaux.

Conflits d’intérêt et endettement

Dans la plupart desdits marchés, financés par la Banque africaine de développement (Bad), le représentant du bureau de cette banque au Cameroun, par ailleurs, coordonnateur de la cellule des projets routiers à financement conjoint du ministère des travaux publics, représentant désigné du maitre d’ouvrage, se retrouve encore dans la commission de passation des marchés financés par l’institution qu’il représente, comme dans le cas de la route Ntui-Yoko-Lena.

Une situation qui participe à éveiller des soupçons de conflit d’intérêt dans ces commissions, avec à la clé, la désignation des entreprises pas à la tête des résultats. Dans le cadre de la Route Bogo-Pouce, l’entreprise chinoise Synohydro se retrouve adjudicataire alors que les résultats de la commission la place en quatrième position. Toutes ces manipulations démontrent à souhait le flou qui règne dans l’attribution des marchés routiers au Mintp.

En choisissant les entreprises aux propositions élevées, c’est le portefeuille financier de l’Etat qui prend un couf. Entre six et dix milliards de plus dans le choix de l’entreprise devant exécuter les travaux, il se passe comme un échange de service ad détriment des caisses de l’Etat, pour les poches de quelques décideurs logés dans les commissions au Mintp.