Economie

Blanchiment d'argent : un risque pour le système financier Camerounais

Blanchiment d'argent : un risque pour le système financier Camerounais

C’est le résultat du Comité d’évaluation national de risque mis sur pied par le ministre des Finances, Louis Paul Motazé.

Le niveau de risques du Blanchiment de capitaux (Bc) et du Financement du terrorisme (Ft) est classé « élevé ». Sur l’échelle de six niveaux formulée par l’Agence nationale d’investigation financière (Anif), cette mention est la plus haute et donc la plus inquiétante. Cette analyse résulte de la première évaluation nationale des risques du Bc et du Ft menée par le Cameroun. Les résultats de l’étude commandée par le gouvernement en 2018 ont été présentés à Yaoundé. C’était en présence des membres du gouvernement et de ses partenaires techniques, au cours d’un atelier de restitution présidé par le ministre délégué auprès du ministre des Finances, Yaouba Abdoulaye.

Pendant 22 mois, le comité devaluation national de risques (Enr) mis sur pied par le ministre des Finances a étudié la période 2014- 2018. 11 est arrivé aux conclusions selon lesquelles, « la menace nationale de blanchiment d’argent au Cameroun est élevée. La vulnérabilité nationale quant à elle est jaugée moyennement élevée. Le risque de blanchiment d’argent au Cameroun est donc élevé », indique le rapport d’étude. Les secteurs d’activités les plus Exposés sont selon la même source, « les banques, les bureaux de changes, les casinos, l’immobilier, les négociants de matériaux précieux, la concession automobile… ».

Le volet évaluation du financement du terrorisme est lui aussi élevé du fait notamment « des actes terroristes enregistrés au Cameroun, des flux financiers détectés, des sources et des réseaux de financement des terroristes aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du territoire national», souligne le document. 11 précise par ailleurs que la menace globale du terrorisme prend en compte « les paiements de rançon, les pillages d’institutions financières-et de bétail, la contrebande, la corruption, le trafic de drogue et d’armes, le commerce de produits agricoles et halieutiques et les activités commerciales normales». En vue de réduire cette forte propension du système financier local au BC/FT, le comité a émis des propositions formulées en plan d’actionS prioritaires.

Un plan d’actions prioritaires 2021-2025 adoptés

Ce document présente 24 actions prioritaires à mener par le gouvernement pour endiguer les phénomènes de Bc/Ft, il compte trois groupes d’actions à mener allant des plus urgentes à celles qui le sont moins. On y recense notamment la nécessité d’améliorer le cadre juridique de la lutte contre le Bc/Ft, de renforcer le dispositif institutionnel, les capacités des autorités d’enquêtes et de poursuites, la coopération entre les acteurs de la lutte, le renforcement du dispositif institutionnel avec la définition du cadre légal d’obligation d’identification des bénéficiaires effectifs; le renforcement des capacités des autorités d’enquêtes et de poursuites avec la mise en œuvre des mesures de confiscation des avoirs, le renforcement de la coopération entre les acteurs de la lutte contre le blanchiment des capitaux et financement du terrorisme avec l’intégration des questions liées à la lutte contre le Bc/FTt dans les textes organiques des autorités de tutelle des organismes de contrôle ; l’amélioration du dispositif de supervision et de contrôle qui devra intégrer la problématique de la lutte contre le Bc/Ft dans les textes organiques des acteurs du marché financier et l’amélioration du dispositif de prévention et de lutte contre ces fléaux au travers de l’élaboration des textes encadrant les transactions sur les crypto actifs …

Présentant les effets économiques de ces fléaux qui sur le plan continental pèsent sur l’ensemble de la dette africaine, Abdoulaye Seek, directeur des opérations de la Banque mondiale en Afrique centrale, partenaire technique de l’Enr, a insisté sur la nécessité pour le gouvernement camerounais de transformer ces propositions en actions concrètes capables d’être mises en œuvre par le biais d’une stratégie nationale de lutte contre les Bc/Ft.

Traduisant l’engagement du Cameroun à poursuivre cette lutte, le ministre Yaouba Abdoulaye a annoncé l’adoption du Plan d’actions prioritaires sur la période 2021-2025, l’organisation imminente d’un programme de formation et de renforcement des capacités des autorités d’enquêtes et de poursuites (ministère de la Justice, Gendarmerie nationale, Police…) par l’Anif, ainsi que la visite du 23 au 15 mars 2021 d’une délégation de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) dans le cadre de la conduite d’une évaluation mutuelle sur, les Bc/F.