Economie

Acquisition des marchés publics : la gangrène récalcitrante du népotisme

Acquisition des marchés publics : la gangrène récalcitrante du népotisme

Au-delà des compétences techniques et financières requises, Il faut s’armer de vigilance et de patience pour décrocher un contrat en bout de chaîne.

Les opérations liées aux marchés publics au Cameroun sont encadrées par le décret n°2018/366 du 20 juin 2018 portant code des marchés publics. Au terme de ce texte, il est précisé qu’un « marché public est un contrat écrit par lequel un entrepreneur, un fournisseur, ou un prestataire de services s’engage envers l’Etat, une collectivité territoriale décentralisée ou lui établissement public, soit à réaliser des travaux, soit à fournir des biens ou des services moyennant un prix ».

On distingue essentiellement quatre grandes catégories : les marchés de travaux, les marchés de fournitures, les marchés de prestation intellectuelle et les marchés de services. Le domaine est alimenté chaque année par des centaines de milliards de francs CFA venant de la commande publique, dans la mise en œuvre soit du budget d’investissement, soit du budget de fonctionnement.

Au Cameroun, les opérateurs économiques s’accordent à dire que le processus d’acquisition des marchés publics est opaque et excessivement long. La première épreuve est déjà d’être au fait du lancement des appels d’offres dont les publications ne font pas souvent l’objet d’une large publicité. Il arrive généralement que les entrepreneurs intéressés apprennent l’ouverture d’un marché à quelques jours seulement de la date de fenneture du dépôt des soumissions.

Pour ceux qui sont informés, parfois sous cape, il faut surtout veiller à sélectionner le marché qui correspond aux compétences de la structure, si l’on veut maximiser ses chances de décrocher le contrat. Ensuite, vient l’étape du montage des offres de soumission. 11 repose sur deux aspects capitaux : d’une-part l’offre technique qui expose les compétences humaines, les ressources technologiques et matérielles disponibles pour l’exécution du marché et, d’autre part, l’offre financière qui indique le prix du service à livrer et permet en même temps d’évaluer un tant soit peu l’assise financière du prestataire.

Une fois le dossier bouclé, il est impératif de le déposer à l’adresse indiquée et dans les délais requis, pour éviter la disqualification pour cause de retard dans la soumission de l’offre à qui de droit. 11 restera enfin à suivre le processus de délibération et demeurer à l’écoute de la publication des résultats du dépouillement de la commission de passation des marchés. Car, il est bien possible en effet de perdre l’adjudication d’un marché si l’entrepreneur ne se manifeste pas dans les sept jours qui suivent la publication de la décision d’adjudication.

Là est le tableau d’un processus qui se veut transparent. Mais au Cameroun, en considérant les défaillances récurrentes des entre prises adjudicataires à exécuter les contrats dans les délais, tant pour les marchés de travaux ou de fournitures que pour les marchés de prestations intellectuelles ou de services, il y a tout lieu de s’alarmer de toutes ces pratiques de népotisme et de clientélisme qui corrompent le circuit et finissent par compromettre l’émergence de notre pays.