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Scandale sexuel à la Fecakada : l'enquête administrative suit son cours

Scandale sexuel à la Fecakada : l'enquête administrative suit son cours

Les athlètes et dirigeants de la Fédération camerounaise de karaté concernés dans cette affaire, sont auditionnés depuis vendredi dernier au ministère des Sports et de l’éducation physique.

Un mauvais vent souffle depuis quelques semaines à la Fédération camerounaise de karaté et disciplines affinitaires (Fecakada). Des dirigeants au rang desquels le président, maître Emmanuel Wakam et plusieurs encadreurs sont accusés de harcèlement sexuel, tentative de viol, chantage et détournement de primes. Le rapport de ces exactions rendues publiques par le Cercle des ceintures noires de karaté du Centre et qui défraie la chronique, a poussé le ministre des Sports et de l’éducation physique, Narcisse Mouelle Kombi, à enfiler son kimono.

Le patron des Sports a instruit l’ouverture d’une enquête administrative pour faire toute la lumière sur cette affaire, en raison de la gravité des faits présumés qui touchent à l’éthique et à l’esprit sportifs. Pilotée par l’inspecteur général des services du ministère, Michel Dissake Mbarga, l’audition à huis clos des parties prenantes mises en cause qui a débuté le 17 juillet dernier, se poursuit au ministère des Sports et de l’éducation physique. D’après le communiqué du ministre des Sports et de l’éducation physique, «les conclusions desdites auditions permettront d’envisager des mesures appropriées à l’encontre de toutes les personnes dont la culpabilité serait établie».

En effet, d’après les témoignages d’athlètes compilés dans les 16 pages dudit rapport, une demi-douzaine d’athlètes, constituée pour la plupart des filles, affirment avoir été victimes de viol, harcèlement sexuel et de chantage. Omella Ngo Hiol évoque une tentative de viol du président de la Fédération. «Arrivés au Maroc, le président de la fédération m’a invitée dans sa chambre. Il a fermé la porte à clef. Il m’a dit que j’étais sa fiancée et qu’il était temps que l’on consomme le mariage. Il a sorti une grosse somme d’argent et m’a proposée de coucher avec lui. Je lui ai dit que je le considérais comme un père. Il m’a tenue violemment par la culotte et a entrepris de me déshabiller par force. Je me suis débattue en faisant beaucoup de bruit», témoigne l’athlète.

D’autres témoignages mettent à nu les pratiques malsaines de certains entraîneurs et encadreurs qui ont ruiné la carrière de ces athlètes. Réagissant dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le président de la Fecakada, Emmanuel Wakam, nie en bloc toutes ces accusations. Il convient toutefois de rappeler qu’il ne s’agit pas d’un phénomène nouveau dans le milieu sportif camerounais, même s’il prend de plus en plus de l’ampleur. D’où la nécessité pour le Minsep de faire le grand ménage.