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Climat des affaires: le GICAM déçu des politiques gouvernementales

Climat des affaires: le GICAM déçu des politiques gouvernementales
Selon ce groupement patronal, les institutions étatiques devraient bouger davantage pour implémenter les réformes visant accroître la facilité de faire les affaires au Cameroun.

C’est un communiqué sans équivoque que vient de rendre public le Groupement inter patronal du Cameroun (GICAM). Signé de son président, ledit document montre l’inquiétude et la déception de cette organisation patronale au sujet des politiques mises en place par les pouvoirs publics dans le sens de l’amélioration du climat des affaires dans le pays. « Il existe de nombreux goulots d’étranglement à l’amélioration de l’environnement des affaires au Cameroun. Notre classement dans le Doing Business vient chaque année nous le rappeler. Cette année encore, le Cameroun occupe une place peu honorable dans le classement Doing Business », déplore en effet Célestin Tawamba.

Document stratégique produit par la Banque mondiale (BM), le Doing Business est un rapport annuel qui classe cette année 190 économies en matière de facilités à faire des affaires dans ces pays. Cette fois-ci, le Cameroun ne s’est amélioré que sur un seul indicateur. Il perd ainsi une place pour se classer au 167e rang sur les 190 pays notés. Et comme le souligne le président du GICAM, il reste dans la zone des 25 pays où le climat n’est pas favorable aux affaires.

Le président Tawamba reconnait que l’Etat du Cameroun a engagé, depuis une dizaine d’années, plusieurs réformes pour améliorer son environnement des affaires en vue d’encourager davantage les investissements directs étrangers et nationaux. Il en veut pour preuve des avancées « non négligeables » avec la création, par exemple, de plusieurs structures d’accompagnement des entreprises, l’existence d’une panoplie de dispositifs de promotion de l’investissement privé, et une diversification des partenaires commerciaux.

Mais, doit-on se satisfaire de cette situation ? Le GICAM répond par la négative. Le président de la plus importante organisation patronale du pays rappelle dans un premier temps que la mise en œuvre des réformes Doing Business doit aboutir à la réduction des procédures, délais et coûts dans les domaines de la création d’entreprises ; l’obtention d’un permis de construire ; le raccordement à l’électricité ; le transfert de propriété ; l’obtention de prêts ; la protection des investisseurs minoritaires ; le paiement des taxes et impôts ; le commerce transfrontalier ; l’exécution des contrats ; et le règlement de l’insolvabilité.

Sauf qu’une analyse comparative des performances Doing Business du Cameroun avec celle des autres pays de la zone Franc permet de noter qu’il est en retard. Célestin Tawamba relève, pour le déplorer, que dans le domaine de la création d’entreprise, on met cinq fois plus de temps pour créer une entreprise au Cameroun qu’au Togo. De plus, le citoyen camerounais dépense huit fois plus que l’Ivoirien pour créer une entreprise. Les performances du Cameroun dans d’autres indicateurs viennent appuyer cette déception du GICAM : dans le domaine du paiement des taxes et impôts, le pays a le 5e taux d’imposition le plus élevé ; dans celui du commerce transfrontalier, il a le coût à l’importation le plus élevé ; et pour ce qui de l’exécution des contrats, le délai au Cameroun est estimé à 800 jours, soit une fois et demie fois plus élevé qu’en Côte d’Ivoire.

Et Célestin Tawamba d’appeler à la mobilisation de tous les acteurs et « notamment les administrations publiques » à un sursaut d’orgueil patriotique afin que le classement Doing Business du Cameroun soit amélioré de manière significative l’année prochaine. En espérant qu’il sera entendu par les pouvoirs publics.