Societe

Pratique : Les téléphones en mode blindage

Pratique : Les téléphones en mode blindage

De plus en plus, les Camerounais se tournent vers ce mode de protection qu’ils jugent très efficace pour éviter la détérioration de leur appareil de communication.

Il est désormais difficile de passer une dizaine de minutes dans un coin populaire de la ville de Yaoundé sans apercevoir des jeunes, mallettes en main, proposant des services de « blindage » de téléphone. « Blindage-blindage », ou encore «blindez vos téléphones », sont des phrases qu’ils utilisent en longueur de journée pour appâter les potentiels clients. Quartier Essos, lieu-dit Hôpital de la caisse, ce 05 février 2020, il est 14h. Ils sont trois jeunes qui se baladent avec des accessoires pour téléphones dans une main, et une mallette dans l’autre.

L’un d’eux cible une buvette dans la zone et s’y rend. Nombreuses sont les personnes qui se retournent à son passage, visiblement surpris par les prestations de ce « blindeur » de téléphone. « C’est quoi le blindage de téléphone ? », lance Stéphane, complètement perdu. « Gars c’est un nouveau système de protection pour écran de téléphones. Ils utilisent un produit qu’ils mettent sur ton téléphone et ça le protège contre les fissures », explique son camarade, qui s’emble maîtriser le sujet. Stéphane, intéressé par cette offre, est tout de même dubitatif. « A combien faites-vous le blindage et quels sont les risques qu’encourent mon téléphone ? » demande-t-il tout craintif. « 5000Fcfa grand, avec garantie de 6 mois », rétorque le « blindeur ».

Processus de blindage
L’affaire étant conclue entre les deux parties au prix de 1500Fcfa, le « blindeur » récupère le téléphone de Stéphane, nettoie l’écran avec un mouchoir humide avant d’ouvrir sa mallette, y retirer un tube contenant un liquide transparent. Il applique ce liquide sur l’écran de téléphone de Stéphane qui, jusqu’ici, observe minutieusement la scène. Puis, il applique un autre produit sur l’appareil de blindage, pour l’huiler. Le « blindeur » place ensuite le téléphone en question dans la mallette puis la referme. Le processus de blindage proprement dit peut alors commencer. Une fois le téléphone dans la machine, celle-ci va afficher un pourcentage, indiquant à quel point le téléphone est déjà blindé. Lorsque le pourcentage atteint 100%, le blindeur patient quelques instants, le temps que la machine se refroidisse.

Apres cinq minutes, le « blindeur » ressort le téléphone de la mallette et le tend à Stéphane. Ce dernier examine son téléphone, et ne détecte aucune anomalie. Tout est ok et l’écran ne semble pas avoir reçu un quelconque produit. Approché, « le blindeur » nous explique que « le produit qu’on met sur l’écran du téléphone c’est du mercure. La mallette est doté un petit appareil qui permet de solidifier le liquide. Lorsque tout est prêt, le téléphone est alors blindé et prêt à l’emploi ». 6 mois, c’est la durée moyenne de la garantie qu’offrent ces « blindeurs » aux clients. En effet, une fois que le téléphone est protégé, il peut tomber ou on peut même le taper avec un objet lourd, il ne se fissurera pas. « J’ai blindé mon téléphone il y a un mois et jusqu’ici, je n’ai aucun problème. Mon téléphone tombe et retombe quasiment tous les jours, et jusqu’ici il n’y a aucune fissure », témoigne Alain Mpeck, capitaine de la garde présidentielle.

Coûts
« Nous blindons les téléphones en fonction de la marque et de la largeur de l’écran. Un Iphone 7+ ne coûte pas 1500cfa comme un Tecno Spark. Plus le téléphone a un écran large, plus le coût du blindage augmente », affirme Elvis, « blindeur ». Eléonore quant à elle, affirme avoir blindé son téléphone à un prix exorbitant il y a trois mois. « J’ai blindé mon téléphone à 15,000fcfa au mois d’octobre 2019. Le monsieur qui m’avait proposé ce service m’avait taxé 20,000Fcfa puis j’ai discuté. Aujourd’hui je suis surprise de savoir que les prix ont autant chuté », s’étonne-t-elle. Elvis justifie cette baisse des prix par le fait que le matériel utilisé, autre fois hors de prix, a également connu une baisse du prix d’achat.

« Au début, on achetait la mallette à 150.000fcfa au marché Mokolo, chez les grossistes d’accessoires pour téléphone. Aujourd’hui, elle coûte 80,000fcfa. Je me suis lancé dans ce business en septembre dernier et, je suis déjà rentré dans mes frais. Au début, je blindais les téléphones entre 5000 et 12000Fcfa. Mais aujourd’hui, le marché est déjà saturé. Ce qui fait que les prix ont considérablement baissés. Si je tombe sur un client qui ignore comment les choses se passent, je lui demande au moins 5000F.Cfa. Par jour, je peux avoir dix clients et me faire une recette de 30.000fcfa », ajoute Elvis.