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Pénalité des frais d'examens : les parents aux abois

Pénalité des frais d'examens : les parents aux abois

«Les pénalités sont fixées pour amener les parents à inscrire leurs enfants aux examens officiels dans les délais. Il ne s’agit pas d’une escroquerie comme le pensent certains parents qui sont face à cette situation », explique d’entrée de jeu Eric Kum, cadre à la délégation départementale des enseignements secondaires du Mfoundi, par ailleurs attaché à l’Office du baccalauréat du Cameroun (OBC). Il essaie d’apporter plus de lumière sur cette affaire qui ne cesse de faire débat au sein de l’opinion.

Selon lui, les responsables et les uniques bénéficiaires de ces frais ne sont nul autre que l’Office du baccalauréat et le ministère des Enseignements secondaires. Qu’il s’agisse de la section francophone ou de la section anglophonen la procédure est la même. « Les frais de pénalités sont versés à l’OBC pour la section francophone. Et au ministère des Enseignements secondaires, précisément le GCE board pour ce qui est de la section anglophone. Maintenant chaque établissement scolaire qui accuse un retard devra verser la somme de 100 000 Fcfa en guise de pénalités. Mais dans les lycées, les prix sont fixés en fonction des périodes. Nous avons par exemple à partir du 20 décembre la pénalité s’élève à 2 OOOFcfa. A partir du 1er jusqu’au 31 janvier, la pénalité augment elle passe à 5 OOOFcfa, puis elle augmente à nouveau du 1er au 28 février et passe à 15 000 Fcfa. Vous remarquez que plus le temps passe plus elle augmente. Par rapport aux dépenses de cette argent nous ne pouvons vous en dire plus. Car il n’est plus de notre compétence», explique Eric Kum.

PLAINTES

Malgré toutes ces explications, les parents d’élèves se posent mille et une questions. Et la même question ne cesse de refaire surface notamment si les lycées sont devenus des comptoirs à la recherche des gains ? Car ils n’arrivent pas à comprendre que de telles sanctions soient appliquées à leur progéniture dans les lycées. Alors qu’ils ont déserté les collèges privés pour les mêmes raisons : les frais abusifs de pénalités. Parmi ceux-ci, il y en a qui ne cachent d’ailleurs pas leur mécontentement. Et, curieux de savoir à quoi sert cet argent des pénalités et à qui il est reversé, certains parents refusent de les payer. Soient par ce qu’ils n’ont pas assez de moyens ou alors par ce qu’ils ont peur de se faire arnaquer.

«En décembre dernier on m’a convoqué au lycée où mon enfant fréquente. Il est en classe de première. Son surveillant général m’a demandé de verser la somme de 2000 Fcfa en plus de l’argent des dossiers ceci en guise de pénalité. Au début j’ai cru qu’il voulait m’arnaquer mais, la raison donnée est que je suis en retard dans le versement des frais de dossiers de mon enfant. Vu que le délai est passé et que je ne l’ai pas respecté, je dois par conséquent payer les pénalités. Je me demande si c’est une décision qui concerne tous les lycées. A croire que nous fuyions les collèges . privés à cause de ces mêmes pénalités. Et ils prétendent que c’est simplement pour nous mettre la pression. Pourquoi sommes donc nous dans l’obligation de payer ? », se plaint Brahim parent d’élève au lycée de Ngoa-Ekelle.

Il n’est d’ailleurs pas le seul à vivre cette situation car Pélagie Gatawa parent d’élève au lycée de Soa vit la même chose avec sa fille en classe de terminale. C’est dans un argumentaire bien développé qu’elle a pu convaincre le chef d’établissement pour lui accorder encore du temps afin qu’elle puisse régler ce problème. Seulement, la pénalité a augmenté elle est passée de 2000 Fcfa à 15000 Fcfa. « Moi je ne sais vraiment quoi faire pour ce qui est des pénalités. Je vais d’abord verser l’argent des dossiers s’ils acceptent après je reviendrai avec l’argent des pénalités », s’écrit-elle.

îl faut noter que dans les établissements scolaires certains responsables pensent que cet argent sert à payer les correcteurs des examens officiels. Mais il faut également préciser que ce point de vu divise également le corps enseignant qui voudrait tout comme les parents d’élèves comprendre où va tout cet argent.