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Grand-Nord : les élèves des zones d'éducation prioritaires oubliés

Grand-Nord : les élèves des zones d'éducation prioritaires oubliés

Les décisions prises par le Minesec et Minedub pour le suivi des cours via internet et la Crtv ne prennent pas en compte leurs réalités.

L’année scolaire au Cameroun ne sera pas blanche. L’Etat, à travers ses différents ministères en charge de l’éducation font tout pour. A l’issue de la rencontre entre le ministre de l’Education de base, Laurent Serge Etoundi Ngoa, le ministre des Enseignements secondaires, Pauline Nalova Lyohga et le directeur du bureau de l’Organisation dès nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) qui a eu lieu à Yaoundé, il a été décidé que l’utilisation des dispositifs d’enseignement à distance basés sur les technologies de l’information et de la communication (TIC), suite aux dispositions prises par le gouvernement camerounais d’arrêter les cours en présentiel, sera mise en œuvre.

Tout comme, le suivi des cours à la Crtv les lundis, mercredis, vendredis pour les élèves du cours moyen deux. Et les mardis, jeudis et samedis, pour les élèves de class six. Ces cours spéciaux auront lieux de 8h à 10h30. Le Minedub, auteur de cette décision, demande également la contribution des radios communautaires et des foras créés sur WhatsApp… »

L’objectif de ces différentes décisions est de réduire au maximum la propagation du Coronavirus et surtout de permettre aux élèves de poursuivre leur apprentissage. Du coup, entre l’absence des cours en présentiel, la création des foras des enseignants pour permettre aux élèves de suivre, lire, télécharger des cours et échanger avec leurs enseignants et le téléenseignement pour ceux qui peuvent se le permettre, élèves et étudiants ont de quoi se mettre sous la dent.

Toutefois, parmi ces «chanceux» du système éducatif camerounais, il y a ceux qui le sont moins. Il s’agit des élèves vivant dans les zones d’éducation prioritaires (ZEP) à savoir l’Adamaoua, le Nord, l’Extrême-Nord et la région de l’Est. En proie à une extrême pauvreté, la plupart de ces élèves du ZEP vit dans des localités où l’énergie électrique est rare voire inexistante. Quant au réseau internet, on l’évoque dans les conversations.

«Comment feront nos enfants pour suivre ces tours ? Nous n’avons pas d’électricité ici. Nous n’avons pas de télévision, pas de radio, encore moins de téléphones androïdes. Comment cela va se passer ? Que vont-ils faire de nos enfants», s’inquiète Maraimou, femme au foyer vivant à Mbé, une ville située à une quinzaine de minutes de Ngaoundéré, dans la région de l’Adamaoua.

Dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord, c’est la même situation qui prévaut. Parents, élèves et certains enseignants s’inquiètent de l’implémentation de ces différentes mesures et surtout des conséquences qu’elles auront sur les résultats des élèves scolarisés dans le Septentrion.

«Tel que s’est pensé, ça ne peut pas fonctionner. C’est difficile. Ces décisions du Minesec et du Minedub siéent uniquement aux villes connectées et aux élèves ayant accès aux téléphones androïdes et à internet. Ce n’est pas le cas dans notre département. Nous manquons d’abord des salles de classe, des tables-bancs, d’enseignants, combien de fois du réseau internet. Dans notre département, on compte les localités où on retrouve l’énergie électrique. Ce sera impossible pour nous», tranche un instituteur en service dans le Nord.

Pour le délégué régional des Enseignements secondaires dans l’Extrême-Nord, c’est peut-être difficile, mais avec l’énergie provenant des panneaux solaires, les parents peuvent essayer de s’adapter et ainsi à leurs progénitures de se mettre à la page. Sauf qu’on compte les familles ayant des panneaux solaires dans les régions septentrionales du bout des doigts.