Societe

Fonctionnement de la Justice: Des détenus de la prison centrale de Bafoussam écrivent une lettre de dénonciation à Paul Biya

Fonctionnement de la Justice: Des détenus de la prison centrale de Bafoussam écrivent une lettre de dénonciation à Paul Biya

C’est une lettre comme on en voit pas souvent. Elle porte la signature de détenus. En effet, dans une correspondance adressée au chef de l’État, des détenus de la prison centrale de Bafoussam se plaignent.

Ils dénoncent en effet les pratiques illicites de certains magistrats, agents et auxiliaires de justice. La lettre est à destination du président Paul Biya, par ailleurs président du Conseil supérieur de la magistrature.

L’objet de la lettre peut être résumée en dénonciation. C’est le quotidien Le Messager qui livre son contenu complet de l’objet. « Dénonciation des pratiques illicites de la part de certains magistrats en poste dans la région de l’Ouest et demande d’intervention pour notre libération du fait de l’illégalité criarde de notre détention ».

Le collectif des détenus souhaitait « attirer l’attention du président du conseil national de la magistrature sur des pratiques «bizarres» qui, selon les détenus, créé des conditions de nullité et d’illégalité de la détention de plus de 200 détenus de la prison centrale de Bafoussam ». C’est ce que rapporte le quotidien dans son édition de ce mercredi 19 février.

La justice, moyen de vengeance

Le collectif « évoque l’utilisation de la justice comme moyen de vengeance par certains magistrats et autres fonctionnaires de la justice ». Il parlent aussi de « l’usage des positions dans les instances judiciaires comme moyen de règlement des comptes ».

Ce n’est pas tout, pour le collectif des détenus, il y a également « la rallonge des rumeurs par certains fonctionnaires de la justice ainsi que des auxiliaires pour maintenir en détentions des personnes au mépris des procédures édictées par la loi ».

Pour finir les détenus, très remontés, parlent de « la manipulation des procédures par certains fonctionnaires et agents pour des fins d’enrichissement; l’extorsion de l’argent aux justiciables et la pratique des faveurs dans les procédures judiciaires ».

Les détenus de Bafoussam soutiennent aussi que « des centaines de «détenus» de la prison centrale de Bafoussam y ont déjà passé des années sans titre de détention ». Dans leur dénonciation, ils n’oublient pas les « mandats de détention provisoires et incarcération émis en marge des dispositions légales ».