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Eaux de forage : le danger qui vient des profondeurs

Eaux de forage : le danger qui vient des profondeurs

Réunis le 02 mars dernier à Douala, les agents du ministère de l’Eau et de l’énergie avec des entreprises ont décrié les effets de l’utilisation de ce type d’ouvrage non réglementaire.

«La loi qui régule l’installation des forages au Cameroun n’est pas respectée. Tout le monde pense qu ‘il peut creuser un forage où il veut et quand il veut», s’alarme GerogesEwame. Cet expert du ministère de l’Eau et de l’énergie (Minee) s’exprimait ainsi à Douala à l’ouverture de la formation sur les eaux de forages.

La loi en question est celle du 15 avril 1998 portant sur le régime de l’eau et est suffisamment stricte sur la mise en distribution de l’eau au grand public. L’article 15 de cette loi stipule qu’est punie d’un emprisonnement de deux à cinq ans, toute personne qui offre de l’eau de forage au public sans s’assurer de sa bonne qualité.

Le non-respect de cette disposition légale s’observe pourtant au quotidien dans plusieurs quartiers. Des personnes de bonne foi qui offrent de l’eau à leurs voisins sans avoir fait procéder à des analyses sur la qualité du liquide distribué. Autre irrégularité, la loi demande de respecter au moins 30 mètres d’écart entre deux forages et 60m d’écart entre un forage et une fosse septique pouvant entrainer des contaminations fécales. Une autre disposition qui n’est également pas respectée du fait notamment d’une méconnaissance de la loi.

Conséquence, «beaucoup de forages ont des eaux polluées par la matière fécale et pourtant les habitants continuent de l’utiliser», se plaint Alain Fotso, expert en traitement d’eau qui vit aux Usa.En outre, les populations installent des forages sans autorisation et sans avis d’un géophysicien. «Le sous-préfet doit signer l’autorisation qui vous permet de mettre un forage à tel endroit. Mais au Cameroun, on s’en fiche, chacun creuse son puits de forage où il veut. Ce qui entraine plusieurs maladies et autres», déplorent les experts.

Un autre problème souligné au cours des travaux est celui relatif à l’utilisation de l’eau de forage sans analyse préalable. Les experts expliquent que tous les six mois, des analyses doivent être faites pour voir si les paramètres n’ont pas changé.

Du reste, le chlore, un élément dangereux fréquemment utilisé est susceptible de devenir toxique s’il n’est pas régulé. L’on conseille aux populations de mettre l’accent sur le traitement en prenant des échantillons aux heures de grande consommation comme 8h et 16h. De l’avis des responsables du Minee, l’eau de forage au lieu de nous aider, peut se transformer en élément nocif pour la vie si elle n’est pas contrôlée.