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Cameroun/Grand-Nord : un projet de 44 milliards de FCfa pour autonomiser la femme

Cameroun/Grand-Nord : un projet de 44 milliards de FCfa pour autonomiser la femme

Implémenté en Côte d’ivoire, au Mali, en Mauritanie et au Tchad depuis quelques années, ce projet financé par la Banque mondiale sera étendu au Cameroun à partir de cette année 2020.

Projet pour l’autonomisation des femmes et le dividende démographique au Sahel (SWEDD, selon l’acronyme anglais). Implémenté en Côte d’ivoire, au Mali, en Mauritanie et au Tchad depuis quelques années, ce projet financé par la Banque mondiale sera étendu au Cameroun à partir de cette année 2020, dans le cadre de sa seconde phase. En effet, le 28 mai 2020, les administrateurs de la Banque mondiale ont approuvé un prêt de 37,6 mil-, lions de dollars (221 milliards de FCFA), au titre du 4e financement additionnel du SWEDD.

Ce financement additionnel, selon un communiqué officiel publié par le bailleur de fonds, «permettra d’intensifier les activités en cours en Côte d’ivoire, au Mali, en Mauritanie et au Tchad, puis de les étendre au Cameroun et la Guinée». À en croire la Banque mondiale, la part du Cameroun dans la cagnotte totale est de 75 millions de dollars, soit un peu plus de 44 milliards de FCfa. «L’ambition du Cameroun à l’horizon 2035 mise sur une population en bonne santé et instruite pour concrétiser l’énorme potentiel du pays au service d’une prospérité partagée», fait observer Abdoulaye Seek, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Cameroun.

Toutefois, fait observer ‘ce responsable de la Banque mondiale au Cameroun, «en raison des mariages d’enfants, des grossesses précoces et fréquentes et des abandons scolaires prématurés, les filles, de même que leurs futurs enfants, sont exposés à un risque accru de problèmes de santé et une diminution importante de leur accès à l’éducation et de leurs perspectives de revenus à l’âge adulte. Le SWEDD 2 agira comme un levier d’autonomisation des filles et de ren forcement du capital humain, et se focalisera dans un premier temps sur trois régions : l’Extrême-Nord, le Nord et l’Adamaoua, où environ 700000 filles âgées de 10 à 19 ans sont exposées à ces risques.»

Concrètement, explique l’institution de Bretton Woods, ce nouveau projet dont bénéficieront les trois régions septentrionales du Cameroun se propose de conduire divers investissements «dans des activités qui ciblent les adolescentes et leurs communautés, afin d’améliorer les compétences psychosociales et les connaissances des jeunes filles en matière de santé sexuelle et reproductive, de les maintenir à l’école et d’élargir leurs perspectives économiques».

Il s’agira également, apprend-on, «de créer un environnement favorable à l’autonomisation sociale et économique des filles en conjuguant les lois et normes réglementaires, religieuses et coutumières, et notamment en insistant sur la prévention, et une meilleure réponse aux violences à l’égard des femmes. Les investissements permettront également de faciliter l’accès à des médicaments essentiels, y compris en ce qui concerne la délivrance de moyens de contraception au niveau communautaire, et de renforcer la capacité des sages-femmes à intervenir auprès des femmes et des adolescentes dans les zones rurales». Un accent sera également mis sur le renforcement des cadres juridiques qui soutiennent les droits des femmes à la santé et à l’éducation, précise la, Banque mondiale.