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Cameroun - Extrême-Nord : les populations menacées de famine

Cameroun - Extrême-Nord : les populations menacées de famine

La flambée des prix du sorgho, du maïs et  du mil est palpable dans les marchés du chef-lieu de la région de l’Extrême-Nord. Ces prix sont passés du simple au double au point de provoquer des doutes au sein de la population. Face à la situation et  sans moyens de substance, celles-ci sont exposées à la famine.

Dans les marchés de la ville de Garoua, les prix ont effectivement grimpé. Pour obtenir par exemple un sac de maïs de 25Kg, il faut débourser la somme de 24 mille FCFA au lieu de 18 mille de FCFA, il y’a quelques semaines. C’est le même constat qui est fait pour le prix du mil rouge. Un sac coûte désormais la somme de 7mille FCFA, au lieu de 5 mille FCFA. Celui du sorgho se négocie aussi entre 17mille 500FCFA  et 20 mille FCFA, en lieu et place de 15 mille FCFA. C’est donc la gravité des faits auxquels sont confrontées les populations locales.

Consommateurs aux abois

Face à la situation, les populations de la ville de Maroua ne décolèrent pas. Avec la pandémie du Coronavirus qui a déjà suffisamment mis à genoux l’économie familiale, il devient difficile pour les chefs de famille de nourrir leurs familles. « La vie est de plus en plus chère. Nous constatons que certains commerçants préfèrent bloquer les céréales dans les magasins afin de faire de la surenchère. C’est vraiment déplorable de vivre dans ces conditions assez compliquées », relate un chef de famille à Maroua.

D’après nos sources d’information, le cas de la surenchère observée à Maroua est similaire dans le département du Logone et Chari. Dans la localité de  Kousséri, proche du Tchad, la sac de maïs de 12mille FCFA, coûte désormais 53mille FCFA. « Or, il y’a seulement deux mois, l‘on en était pas à ce niveau de vie. Cette pratique de prix est surprenante car l’année dernière et à la même période, le sac de maïs coûtait seulement 19 mille FCFA », explique une ménagère.

Spectre de la famine

Incapables de se nourrir selon leurs bourses, le spectre de la famine se dessine en plus en plus. Si les responsables des services décentralisés du ministère du Commerce dans la région de l’Extrême-Nord  sont restées jusqu’ici inertes, les populations locales paient le prix fort de l’affaire.  Certaines Ong s’évertuent à distribuer les céréales aux populations nécessiteuses mais l’offre reste faible par rapport à la demande. Si rien n’est donc fait par les pouvoirs publics, le pire va se produire.