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Cameroun-Crise anglophone : des millions d'Anglophones risquent de faire face à la famine, selon l'ONU

Cameroun-Crise anglophone : des millions d'Anglophones risquent de faire face à la famine, selon l'ONU

Analyse froide du Dr Christopher Fomunyoh, Directeur pour l’Afrique du National Democratic Institute (Ndi). Pour ce fils anglophone, il est plus qu’urgent d’aller vite à un cessez-le-feu.

Alors que la crise sanitaire du coronavirus perdure, la crise anglophone dans le nord-ouest et le sud-ouest du Cameroun fait aussi  son bonhomme de chemin. Et le sujet est d’ailleurs,  en ligne de mire du journal Le Jour de ce lundi 1er juin 2020. Le journal d’Haman Mana a donné la parole au Dr Christopher Fomunyoh. Celui-ci est le Directeur pour l’Afrique du National Democratic Institute (Ndi).

Dans cet entretien fleuve, il fait une évaluation froide de la crise anglophone. Notamment, avec une recrudescence des atrocités sur le terrain, malgré la tenue du grand dialogue national à Yaoundé en 2019.  Sur le registre des atrocités, il évoque les massacres du village Ngarbuh,  le 14 février 2020, dans le nord-ouest Cameroun. Il parle aussi, de l’assassinat du jeune Maire de Mamfé, dans le  Sud-Ouest,  le 10 mai 2020, par des groupes armés séparatistes.

Antonio Guterres

Pour mettre fin à tout ce drame, Yaoundé doit ordonner un cessez-le-feu.  «Aujourd’hui, les Nations-Unies projettent que des millions d’Anglophones risquent de faire face à la famine à cause de la crise; et le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a lui aussi lancé un appel direct à un cessez-le-feu pour raisons de COVID-19. Il est plus qu’urgent d’aller vite à un cessez-le-feu, suivi de négociations crédibles et ouvertes pour une paix véritable et durable, sinon les populations vont complètement oublier le Grand Dialogue National », explique celui-ci.

Leader de la société civile africaine, et habitué des palais présidentiels africains, il estime que « la  crise demeure et s’aggrave ». Néanmoins, pour envisager une piste de sortie il propose, « des alternatives qui permettraient la participation effective de toutes les composantes et l’écoute véritable des doléances réelles par rapport à la situation des compatriotes Anglophones ».