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Achille Mbembe : « …personne ne m'empêche aujourd'hui de rentrer au Cameroun »

Achille Mbembe : « …personne ne m'empêche aujourd'hui de rentrer au Cameroun »

Plusieurs observateurs trouvent l’écrivain bien éloigné de son pays natal le Cameroun, justement parce qu’il n’y vit pas et n’y travaille pas. Néanmoins ce dernier porte son pays dans son cœur.

Il n’arrive pas tous les jours que l’écrivain Achille Mbembe parle de son pays natal le Cameroun. Dans une internview au journal du Cameroun il en dit un peu long sur ses racines. « J’ai quitté le Cameroun à l’âge de 24 ans. J’aurai donc passé l’essentiel de ma vie d’adulte hors du Cameroun. Au terme de mes études doctorales à Paris, j’aurais aimé rentrer et enseigner à l’université. Mais entre 1984 et 1992, j’étais banni du pays et j’étais recherché par les services de renseignement pour avoir publié en 1984 et 1987, sous la forme d’un ouvrage en deux volumes, les écrits de Ruben Um Nyobe, le père de l’indépendance nationale », explique l’auteur.

Dans ce périple, c’est aux Etats-Unis qu’il obtient son premier poste d’enseignant. Notamment à Columbia University a New York. « La vie m’a ensuite conduit ailleurs, notamment au Sénégal, puis en Afrique du Sud ou je me suis installé en 2001 tout en continuant d’enseigner plusieurs mois l’an aux Etats-Unis. Je dois préciser qu’il s’agit d’un choix personnel et délibéré. L’Afrique est mon pays et personne ne m’empêche aujourd’hui de rentrer au Cameroun », poursuit ce dernier.

Rapport

Ce contexte aidant, quel est son  rapport aujourd’hui avec son pays natal ?  Sa réponse est ceci, « c’est un rapport à la fois d’éloignement et de proximité. Le Cameroun est notre terre et cette terre, je la porte dans mon cœur et dans ma respiration. Comme le décrit si bien notre hymne national, c’est le berceau de nos ancêtres, tout comme notre continent est le berceau de toute l’humanité ».

Pour cette valeur camerounaise, « il n’y a pas le Cameroun d’un côté, et l’Afrique de l’autre. Il s’agit d’un seul et même pays. Je peux servir l’un et l’autre, peu importe où je vis et travaille ».