Santé

Le monde à l'épreuve du covid-19 : désolation au sein d'une humanité terrifiée

Le monde à l'épreuve du covid-19 : désolation au sein d'une humanité terrifiée

Et voilà l’homme, lui et sa bombe atomique, fuyant l’invisible Covid-19, dont la célébrité planétaire ferait pâlir d’envie la plus renommée des vedettes hollywoodiennes.

Le Covid-19 avance, comme en terrain conquis, à la présence fantomatique ! Ne se manifestant que par ses effets, le voilà qui sème hécatombe et désolation au sein d’une humanité terrifiée et désarçonnée du haut de ses certitudes et arrogances. En plus de s’attaquer aux poumons, la fonction « respiratoire, qui est on ne peut plus vitale, le Covid-19 a ceci de particulier qu’il se transmet par ce qui incarne l’existence de l’homme, sa simple relation avec l’autre.

L’économie capitaliste que l’humanité s’est bâtie, essentiellement fondée sur sa mobilité, en fait le reste. Le Covid-19 n’a pas seulement grippé cette économie-là, il a surtout dressé l’homme contre lui-même ; se rencontrer, s’échanger, travailler ensemble, est un risque, si ce n’est devenu un danger !

Désarmé, l’homme en est réduit à se confiner autant qu’il le peut, parfois, comme nous l’avons vu dans certains pays moins démocratiques qui l’exigent, à coups de brodequins et gifles des patrouilles armées. Dans des pays qui se veulent démocratiques, des amendes pleuvent !

Les frontières se sont fermé les unes après les autres comme des huitres, précédant elles-mêmes la fermeture des aéroports, qui hier grouillait encore de son monde cosmopolite enjoué.

En l’absence d’un vaccin ou d’un traitement reconnu, chacun sait pourtant que le confinement ne tiendra pas longtemps.

Chaque pays se défend désormais avec ses propres moyens, ses propres armes. Le Cameroun, où je réside, n’en fait pas exception, bien entendu !

Parlant de confinement(le confinement général je veux dire), je note que le gouvernement camerounais ne l’exige pas contrairement à ce que veulent certains. Il en appelle surtout au civisme des Camerounais, au sens de responsabilité des uns et des autres. A en juger sur le terrain, pas sûr que nos marchés et nos rues des centres-villes l’aient écouté.

Il faut dire que le Premier Ministre et le Ministre de la Santé n’ont que très peu de marge de manœuvre pour le coup, au sujet de confinement. Ils savent parfaitement les limites pratiques et mêmes mécaniques qui dissuadent cette éventualité. Ils voudraient bien passer à ce stade, mais ils savent bien qu’ils n’ont rien à offrir derrière comme accompagnement dans un pays dominé par l’informel.

Ils savent qu’un confinement abouti est celui-là qui s’inscrit dans la logique d’une politique de structuration de la société et de démarche de progrès établie sur des décennies, et non simplement l’adoption de quelque gadget par un effet d’entraînement, fût-il pour des cas dits de force majeure. L’effet boomerang pourrait bien s’avérer plus désastreux que la cause du confinement en elle-même ! Eh oui, le confinement ne s’improvise pas !

En plus du respect des consignes, j’en ai appelé au maillage du terrain avec la systématisation des tests de dépistage et la mise sous protocole de soins à la Chloroquine des cas positifs. Cela me paraît de bon sens, en l’absence d’une alternative curative plus crédible.

Je veux me convaincre à l’idée que le Cameroun, autrement, ait quelque argument viable à opposer dans le combat contre la pandémie !

Pour le reste, à l’échelle planétaire, nous sommes tous unanimes qu’il y aura un «avant» et un «après» Covid-19. La fin d’un cycle dira-t-on !

Badiadji Horrétowdo, Ecrivain camerounais