Santé

Grogne : Le malaise persiste dans les hôpitaux

Grogne : Le malaise persiste dans les hôpitaux

Les personnels du Chu de Yaoundé de l’hôpital Gynéco-obstétrique ont lancé un autre mouvement d’humeur hier.

Au Centre hospitalier et universitaire de Yaoundé (Chu), les responsables tentent d’apporter des solutions aux réclamations du personnel de santé. C’est l’information principale qui ressort de la réunion de crise organisée ce lundi, 17 février 2020 entre le directeur général adjoint, Félicien Ntone et le sous-directeur des ressources humaines et les délégués du personnel de l’hôpital. Marie Gabrielle Biyong, délégué du personnel en grève, donne quelques détails : « Le Dga a promis de régler la question des salaires du mois de janvier. Il affirme que le problème se situe au niveau de la subvention mais, que d’ici peu, la situation reviendra à la normale.

Sur le long terme, le Dga entend également résoudre le problème des aérés de la convention collective car, elle ne dépend pas entièrement de lui, mais aussi du ministère des finances ». Aux environs de 11h, le personnel soignant de cette formation hospitalière, sous le regard des usagers du Chu, a élu domicile à l’entrée principale de l’hôpital. A notre arrivée, sept employés en grève étaient assis à même le sol et tenaient des pancartes sur lesquelles sont inscrites leurs réclamations. « Nous voulons nos 30% des quotesparts », « Chu en grève », « meilleur plateau technique », sont quelques-unes des phrases qui sont écrites sur ces pancartes. Sur l’une d’entre elles, ces infirmières ont fait un dessin du personnel de santé en larmes, témoignage de leur ras le bol.
Ce mouvement a quelque peu affecté les activités de l’hôpital et de certains malades. Paul, le visage fermé, est contraint de quitter l’hôpital car sa maman qui y est hospitalisée depuis deux semaines, ne reçoit pas ses soins comme il se doit. Le jeune homme explique : « Ma mère est internée dans cet hôpital depuis deux semaines. Mais, le personnel de santé la néglige. On peut passer toute une journée sans qu’un infirmier ou un médecin ne passe s’enquérir de son état de santé. Je suis donc dans l’obligation de la transférer dans un autre hôpital, afin qu’elle soit suivie normalement ».

A l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé (Hgopy), une grève du personnel est également observée. 09h55 min, plusieurs files sont formées devant l’unité d’enregistrement, les caisses et la pharmacie. Saïd Karim, garde malade, a passé deux heures de temps en rang avant d’être servi. « Je déplore la qualité du service de cet hôpital. Je suis là depuis 7heures du matin et, ce n’est qu’à 9h30 que j’ai enfin pu enregistrer mon malade et payer les frais relatifs à ses soins. Je suis entièrement d’accord avec ce personnel de santé qui grève. Il leur est impossible de travailler sans matériel adéquat et sans salaires. Il faut que les autorités trouvent des solutions à leurs réclamations », at-il déclaré. Le personnel de santé de cette structure hospitalière a décidé de fonctionner avec le service minimum. L’objectif est de ralentir les activités. Ils promettent d’aller plus loin d’ici la fin de la semaine. « Nous n’allons pas grever mardi et mercredi, pour que les autorités puissent trouver des solutions. Si jusque-là nos revendications ne sont pas prises en compte, jeudi et vendredi, nous allons empêcher toute activité à la morgue de l’Hôpital gynéco», a indiqué Nga Onana, président du Cap/Santé.