Santé

Covid-19 : les masques vendus à 1000 F à Maroua

Covid-19 : les masques vendus à 1000 F à Maroua

En quelques jours, le prix de cet accessoire a quintuplé.

La menace du Coronavirus a créé la panique au sein de la population. Du coup, c’est chacun qui cherche à se protéger de cette pandémie qui a déjà tué environs quinze mille personnes à travers le monde dont un décès au Cameroun. A Maroua, la demande des masques communément appelés cache-nez et des gels hydro alcooliques est passé du simple au triple.

A la maison, dans les rues et même dans les lieux de travail, les accessoires et produits antiseptiques sont devenus incontournables. «Je ne me sépare jamais du cache-nez. On peut blaguer avec tout mais sauf notre santé. C’est quand on est en santé qu’on peut mener toutes nos activités. Vellè pourquoi j’ai toujours mon masque dans le sac.

Il fait partie des mesures de prévention contre le coronavirus. J’ai acheté une bonne quantité que j’ai partagé à toute ma famille et aux membres de notre association. Avant on pouvait l’avoir partout dans la rue mais maintenant il se fait de plus en plus rare», confie Nafissatou Alhadji Bello, présidente d’une association qui promeut le patriotisme dans la ville de Maroua.

La forte demande a provoqué la spéculation. Le prix des masques de protection et des gels hydroalcooliques a flambé d’une façon exagérée sur le marché et autres points de vente de la ville de Maroua. Les masques de couleur verte autrefois -vendus à 50 F sont vendus désormais à 200 F l’unité. Le prix des masques de couleur noire qui se négociait à 400 F est passé à 1000 F. Ceux de couleurs bleues et grises qui coûtaient 200F sont vendus respectivement à 500 F et 400 F.

Quant aux gels hydro alcooliques, le prix de la bouteille de 500 ml est passé de 3000 à 4500F. Celle de 35 ml qui se vendait à 800 F se vend désormais à 1500 F. les clients crient leur colère face à cette spéculation qui permet aux commerçants de faire de l’argent sur le dos des populations, pourtant en détresse.

«Nous sommes dans une région menacée par la pauvreté. Les vendeurs des cache-nez et des gels devront tenir compte du statut de nos populations. Beaucoup d’entre eux sont des pauvres. Il y’en a qui n’arrivent même pas à s’offrir un plat de nourriture de 500F. Comment peuvent-ils faire pour s’acheter un masque à 1000 F. C’est quand même regrettable de voir les gens saisir des pareilles occasions pour s’enrichir plutôt et ignorer le mal auquel nous faisons face et qui nécessite un peu d’humanisme» fulmine Robert Samassou rencontré au marché central de Maroua.

«Il faut que les pouvoirs publics puissent intervenir par rapport à cette situation. Ils doivent mettre à la disposition des familles démunis ces masques gratuitement» conseille-t-il.

Très révolté, Jacob Baraouna affirme que îa flambée des prix des masques et des gels hydro alcooliques est réelle à Maroua. Il invite par ailleurs la délégation régionale du commerce pour l’Extrême-Nord à veiller au respect des prix des articles sur le marché afin d’empêcher les spéculations observées ces derniers temps. «C’est triste ce que nous voyons aujourd’hui. Les gens sont beaucoup plus attachés aux intérêts qu’à la vie humaine. La vie d’un homme devrait être plus importante que l’argent» fait-il savoir.

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Du fait des cas de COVID-19 qui vont crescendo au Cameroun, 75 cas d’après le Minsanté, les vendeurs des cache-nez se sont multipliés dans la ville de Maroua. Chaque matin, des jeunes dont l’âge varie entre 10 et 25 ans arpentent les couloirs des marchés, les grands carrefours et autres lieux pour proposer aux passants ces accessoires de protection. Ils ont fait de la vente du cache-nez un véritable business qui nourrit bien son homme.

«C’est une occasion à ne pas raté. En ce moment, le cache-nez est très sollicité. Et j’ai décidé de me lancé dans la commercialisation de ce masque qui est indispensable. Avant j’étais là au quartier je ne faisais rien. Depuis que j’ai commencé à vendre je suis satisfait. Par jour je fais une recette de plus de 3000F Cf a» fait savoir Badjika Dairou âgé de 14 ans

Dounia Patteng autrefois vendeur d’eau en sachez a abandonné son commerce le temps de se faire de l’argent avec la vente des cache-nez. Ce jeune homme de 16 ans propose à ses clients des masques de couleur verte vendus jet blanche vendus entre 200 F et 400 F Cfa et des masques de couleur noire dont le prix chez lui varie entre 800F et 1000 F Cfa.

«Le paquet des masques de 200 F contient 50 pièces. Le boutiquier au marché me vend cela à 1000F. Sur chaque paquet je gagne plus de 4000F. Le jour où le premier ministre a annoncé les mesures de lutte contre le Coronavirus, j’ai vendu quatre paquets. J’étais absorbé par les clients. Je suis rentré tout souriant», confie le jeune vendeur des masques.