Santé

Coronavirus : « le Cameroun paiera un lourd tribut financier »

Coronavirus : « le Cameroun paiera un lourd tribut financier »

« En effet, depuis son apparition, pour la première fois en Chine, dans la ville de Wuhan en Décembre dernier, le Virus de la Corone a remis en cause l’establishment politico-diplomatique et économico-culturel mondial. Le Covid-19 a mis à nu les différents systèmes de santé des Etats qui n’hésitent pas, aujourd’hui à demander de l’aide pour une meilleure prise en charge des patients internés dans leurs centres hospitaliers respectifs. Même les relations diplomatiques entre les Etats sont affectées par ce manège viral. Le Covid-19 a mis la planète sens dessus dessous exposant ses peurs, ses inquiétudes, ses angoisses et même ses tares.

Dans un élan sanitaire d’éradiquer cette grippe vecteur de la mort et mal être, de nombreux pays ont pris des mesures dont l’essentiel se résumerait au concept de confinement. Même le Chine, premier pays à avoir enregistré les cas de contamination au covid-19, et qui, magnifiant sa puissance, célèbre aujourd’hui sa victoire face au virus, menace aussi d’adopter des mesures drastiques en vue d’éviter l’importation de nouveaux cas de contamination.

Le Cameroun, de concert avec la Communauté internationale, a annoncé Mardi dernier, par le biais de son Chef du Gouvernement, les très hautes instructions du Président de la République, Chef de l’Etat en vue de réduire l’expansion de la pandémie sur le territoire camerounais dont le nombre de cas serait actuellement à 13 victimes dont, un mort (dernier pointage Jeudi 16H). Ces mesures ont pris effet Mercredi 18 Mars dernier et resteront appliquées jusqu’à nouvel ordre. Elles consistent à la fermeture des frontières terrestres, aériennes et maritimes, suspension des vols, la suspension de la délivrance des visas, la fermeture des établissements scolaires, l’interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes, la fermeture des débits de boissons et autres dès 18 heures…

Loin de nous l’idée déjuger ces mesures qui pour l’essentiel, obéissent aux normes internationales et surtout aux recommandations de l’OMS, il s’agira surtout, d’examiner l’impact sociopolitique et économique de ce plan d’austérité antiviral.

En effet, le confinement obligatoire aura un impact significativement négatif sur le panier de la ménagère et sur l’économie de surcroit.

Prenons un cas particulier qui s’avère contradictoire. La fermeture des établissements scolaires et la ruée et le confinement des enfants et des parents à maison limitera certainement la contagion au covid-19 mais augmentera le risque certain d’une mort des suites d’une mauvaise nutrition surtout que, les méthodes de conservation des denrées alimentaires restent hypothétiques suite à l’offre minimale de l’énergie électrique dans les foyers.

En outre, la fermeture des frontières pour les mêmes raisons sus citées de même que la suspension des vols internationaux constituent un véritable manque à gagner aussi bien pour le Cameroun que pour les investisseurs étrangers habitués à être toujours entre deux avions pour les besoins de la cause.

Au regard donc de ce dispositif politico-sanitaire mis en place par l’Etat camerounais pour limiter les dégâts humains du Covid-19, il est clair que le Cameroun paiera un lourd tribut financier. Et c’est d’ailleurs dans ce sens qu’il conviendrait de lire le discours du Représentant de l’OMS qui a demandé aux Africains de s’attendre au pire. Ce pire ne sera pas dans la contagion virale, mais dans les conséquences des méthodes drastiques employées par les Etats africains en général et particulièrement le Cameroun pour la gestion de cette crise virale.

Puisque, pour le simple cas du Cameroun, faisant déjà face à plusieurs crises sociopolitiques comme la lutte contre Boko Haram à l’Extrême nord, la crise dans le NOSO,… des crises pour le moins budgétivores, il lui sera difficile de dégager un appui financier quelconque pour soutenir, accompagner mieux dédommager les victimes économiques du préjudice financier causé par la pandémie. Surtout que, cette pandémie pourrait être vue comme un cas de force majeur.

Du coup, mathématiquement parlant, il sera véritablement difficile à une petite économie comme celle du Cameroun de résister longuement à la quarantaine dans laquelle il s’est confiné, surtout que la durée sera fonction de l’évolution de la pandémie aussi bien sur le plan international que celui national. Car, comme cela a été dit plus haut, quand la quarantaine et le confinement volontaire ne donneront pas de la fièvre virale aux investisseurs aussi bien étrangers installés sur le sol camerounais, qu’aux investisseurs Camerounais eux-mêmes, ils pourront engendrer une pneumonie économique au Cameroun qui pourra le faire suffoquer et même provoquer un arrêt respiratoire ; de toute façon, le Cameroun souffre déjà du Covid-19 et il lui faudrait ajuster son hygiène de vie pour résister à la mort par asphyxie de ce virus.

Cette hygiène de vie dont nous parlions plus haut, ne réside pas essentiellement dans le repli au souverainisme et au confinement obligatoire, conséquences d’une psychose et d’une paranoïa d’une ampleur extrême, mais dans un réajustement du système sanitaire Camerounais, dont il serait louable de mettre davantage de fonds pour améliorer son plateau technique. Autrement dit, les pertes économiques considérables que le Cameroun enregistrera suite au confinement et au repli souverainiste peuvent être évités en prenant le taureau par les cor.nes et en regardant le problème en face.

Car, loin d’être une pandémie simpliste, vecteur de la simple mort- surtout qu’il est prouvé que l’on peut guérir de cette grippe- le Covid-19 est un instrument d’évaluation du niveau de puissance des Etats. La Chine a profité de cette crise pour démontrer en mondovision sa puissance économique et sociale, le Cameroun peut aussi profiter de cette crise pour construire son émergence sanitaire surtout que l’Afrique nous regarde, la CAF nous surveille ».