Santé

Alerte santé: selon des virologues africains, le taux de mortalité du covid-19 pourrait être « incontrôlable » en Afrique

Alerte santé: selon des virologues africains, le taux de mortalité du covid-19 pourrait être « incontrôlable » en Afrique

Avec trente-trois pays touchés par la pandémie et 640 personnes atteintes du coronavirus 17 sont mortes en Afrique. Un chiffre qui pourrait bientôt atteindre un sommet insoupçonné si rien est fait selon les spécialistes du Covid-19

L’Afrique, doit se «préparer au pire » prévenait Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En effet, la propagation du virus a été plus lente et plus tardive qu’en Asie ou en Europe. Cependant, l’ONU et les médecins Africains redoutent le pire pour le continent.

En Afrique, l’OMS s’inquiète du manque d’infrastructures dans les centres de santé qui devraient rapidement être submergés en cas de propagation massive du virus. « Même en Afrique du Sud, où les systèmes de santé public et privé sont parmi les plus développés du continent, ce sera un défi. Car il y a trop peu de lits dans les hôpitaux d’Afrique », constate Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. Et cette dernière d’insister sur le fait qu’il faut éviter au maximum la multiplication des cas. « Nous mettons en place des mécanismes préventifs pour éviter une destruction de ces dispositifs de santé », a-t-elle ajouté.

Ce n’est pas seulement dans les hôpitaux qu’il y a problème. Selon les spécialistes, il y a un manque patent de kits de dépistage du coronavirus disponible sur le continent et ils en appellent à la mobilisation des partenaires publics et privés.

« Avec le coronavirus, nous aurons certainement un taux de mortalité qui avoisinera les 10 % [contre plus de 60 % lors de la dernière épidémie d’Ebola] et un taux d’infection du personnel médical assez effrayant » selon  le virologue congolais Jean-Jacques Muyembe Tanfum, codécouvreur du virus Ebola en 1976, qui s’est vu même confier par le chef de l’État le rôle délicat de coordinateur de la riposte au Covid-19.

Selon lui, l’extrême densité de la population conjuguée à des systèmes de santé défaillants et à des pénuries probables de médicaments et de vivres, est extrêmement préoccupante. Quand l’on sait que les économies africaines, qui sont trop dépendantes des marchés internationaux, subissent de plein fouet la crise dans laquelle le virus plonge brutalement le monde.

Cependant il y a des efforts faites sur le continent qui sont à saluer. En effet, jusqu’en février 2020, l’Afrique ne disposait que de deux laboratoires(Sénégal et Afrique du Sud) capables de diagnostiquer le virus.

Mais la situation a rapidement évolué. En effet, On est passé de deux centres de tests à une quarantaine, dont trois au Nigeria.La Chine pays d’où est originaire le virus a également acheminé des milliers de kits de dépistage sur le continent dont 2 000 ont été remis au Centre africain de prévention et de lutte contre les maladies (CDC Afrique) de l’Union africaine.

Par ailleurs, les conditions d’accès à l’eau et aux produits d’hygiène de base restent en effet problématiques, quand l’on constate que 63 % des Africains établis dans les centres urbains ne peuvent pas se laver les mains avec du savon, selon l’Unicef. Ce qui pourrait considérablement entraver la lutte contre le Covid-19.