Politique

Unité nationale au la malédiction tribale

Unité nationale au la malédiction tribale

L’unité nationale est à l’épreuve de la terreur, l’escalade d’un tribalisme beaucoup plus nocif et vicieux qui fait rejaillir des instincts grégaires, la montée en puissance des replis identitaires, si bien que toute la haute administration camerounaise est prise en otage.

Jusqu’à des années récentes, le Cameroun était confronté à un tribalisme primaire. La haute administration camerounaise en était épargnée. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. On en est à tenir à peine debout sur un échafaudage fragile et tremblant dune unité nationale imaginaire. Le camerounais a du mal à se dévêtir des oripeaux du double langage, de la duplicité de caractère. Chaque camerounais porte désormais un costume, un masque tribal.

Les textes de loi sur la criminalisation du tribalisme, ne sont pas bien assimilés. D’une célébration de l’unité nationale à une autre, on y pense, puis on oublie. La recrudescence des haines, les insultes, les affrontements, les méchancetés verbales et virales dans les réseaux sociaux montrent que le camerounais oublie beaucoup plus l’unité nationale qu’il n’y pense. Dans la haute administration camerounaise, le décret du Président de la République et celui du Premier ministre, tous les deux, d’essence constitutionnelle, ne réglementent plus rien.

Lorsque l’on tient une promotion dans l’administration camerounaise, au prix du mérite, d’énormes sacrifices et de dur labeur, on se voit, hélas, bousculer, infantiliser dans son fauteuil, parce que, on n’est pas le frère, la sœur, un parent de la famille, la tribu, le clan. L’administration camerounaise est abandonnée entre les mains des imposteurs.

Pour peu qu’ils ont des lignes de crédit, ils attribuent, prioritairement à eux-mêmes, leurs proches de la tribu ou amis, des missions et des traitements de faveur, dans l’unique volonté de montrer parfois, qu’ils ne sont pas n’importe qui. On assiste à une administration de nuisance. Ceux qui sont sur le toit des privilèges, usent de brimades, pour écraser leurs collaborateurs.

L’administration camerounaise est entre zèle, cynisme et narcissisme. Au nom de la tribu, le village, le « viol » sur l’orthodoxie administrative, montre que les camerounais ne sont plus, les enfants de la République. Les differents organigrammes sont sacrifiés à l’autel du clan d’amis ou des frères. Quoique, les décrets nommant de hauts responsables dans l’administration centrale des ministères portent le visa de Joseph Dion Ngute, le Premier ministre laisse prospérer l’arbitraire, les injustices, la « loi du plus fort »

Des interrogations foisonnent

Un ministre a-t-il les pouvoirs de placer sous quarantaine professionnelle les collaborateurs mis à sa disposition par les décrets: présidentiel ou du premier ministre? Un ministre est certes porteur de l’ensemble des politiques publiques et l’organigramme de son département ministériel, mais ce n’est pas à lui de choisir ses collaborateurs surtout d’un certain rang. Cette forme d’injustice et d’arbitraire qui veut qu’on passe la tribu et le village avant tout, plombe l’administration camerounaise.

Pourquoi Joseph Dion ferme-t-il les yeux, laisse certains indisciplinés, piétiner et torpiller les actes du président de la République et les siens? De quel assainissement des finances publiques parle-t-on; quelle émergence veut-on atteindre, si les directives, les actes du président de la République sont sabordés, ignorés, au gré à gré par certains gouvernants qui préfèrent donner droit au positionnement des parents, amis, copains et coquins?

Les politiques publiques sont portées par l’ensemble des departements ministériels chacun en ce qui le concerne. L’organigramme d’un ministère est le texte qui organise le travail, donne des missions et attributions aux différents responsables, collaborateurs du Ministre pour l’aider à atteindre lesdites politiques publiques.

Des failles dans l’administration

Le Chef de l’État est celui qui définit la politique de la nation; il a le pouvoir constitutionnel de nommer aux emplois civils et militaires. C’est toujours le Président de la République qui signe l’ensemble des décrets relatifs aux organigrammes. Comment comprendre que certains Ministres de la République, se permettent dans le cadre de l’exécution du budget voté par le Parlement de donner des pouvoirs de gestions à quelqu’un d’autre que celui nommé par décret du Président de la République ou du Premier ministre.

Dans un contexte de transparence et de bonne gouvernance, ne sommes-nous pas en droit de parler de concussion, délit d’initier, de manœuvres de distraction de fonds et de corruption ?Alors que nous célébrons l’unité nationale, comment comprendre qu’un ministre de la République pense que ce sont ses frères qui doivent gérer la fortune publique. « On ne choisit pas dans l’administration ses collaborateurs. Quand on est au service de l’Etat, on devrait se débarrasser des pratiques tribalistes d’une autre époque » lance Alfred Esso.

Selon lui, le Cameroun de demain doit se construire avec tous ses fils, loin des pratiques grégaires et égoïstes qui tirent le pays vers le bas.Sous le sceau du tribalisme primaire, beaucoup de malversations financières sont au cœur du délabrement et des désagréments dans l’administration camerounaise.

En conséquence on assiste à des dérives et-les mauvaises pratiques comme: l’acharnement, l’isolement, l’exclusion au profit du frère. Toute chose qui traduit: le mal être de beaucoup de responsables de l’administration publique au Cameroun. Tout cela doit s’arrêter si l’émergence tant scandée reste un défi pour notre pays.