Politique

'Si on disait à Kamto de ne pas aller à la présidentielle, il pouvait devenir fou'

'Si on disait à Kamto de ne pas aller à la présidentielle, il pouvait devenir fou'
Le Président du Mouvement Patriotique pour un Cameroun Nouveau (MPCN) tacle sévèrement son ancien allié, et voue aux gémonies son parti, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, pour n’avoir pas participé aux législatives et municipales du 9 février 2020 et pour avoir appelé au boycott.

Lors d’une récente intervention sur la chaîne de télévision Canal 2 international, à l’occasion de la campagne électorale pour les législatives et les municipales du 9 février 2020, Paul Eric Kingue, le président du Mouvement Patriotique pour un Cameroun Nouveau (MPCN) avait annoncé un grand déballage au sujet de sa collaboration en tant que Directeur de campagne de Maurice Kamto lors de la présidentielle de 2018. Il n’en n’a été rien depuis lors. Egalement annoncé chez nos confrères de Vision 4, pour enfin délier sa langue, le rendez-vous n’avait plus eu lieu.

Mais dans le quotidien Le Messager de ce vendredi 14 février 2020, il livre un avant-gôut de ce grand déballage, qu’il annonce officiellement dans une dizaine de jours. Dans cet entretien fleuve, Paul Eric Kingue règle ses comptes à Maurice Kamto. Il le tance vertement pour avoir décidé de ne pas engager son parti au double scrutin du 9 février 2020, arguant que les raisons évoquées par celui-ci manquent de cohérence.

«En tant que directeur de campagne de Maurice Kamto à la présidentielle 2018, il me souvient que nous avions reçu des appels des gens du Noso (Nord-ouest et Sud-ouest, NDLR), nous demandant de ne pas aller à la présidentielle pour être solidaire de leur cause. Kamto disait non dans nos réunions. Il soutenait que nous irons à l’élection et nous y sommes allés (…) Qu’est ce qui s’est passé pour qu’il change d’avis sur la participation au vote? Si on disait à Kamto de ne pas aller à la présidentielle, il pouvait devenir fou. Il y est allé quand même», assène le president du MPCN.

L’ancien Maire de Njombé-Penja pense qu’il aurait été plus cohérent pour le MRC de faire démissionner son seul député, Lazare Souob, de l’Assemblée nationale lors de la précédente mandature. «Si vous dites qu’aller aux urnes n’apportera rien de nouveau, commencer par faire démissionner votre singleton député», vitupère-t-il.

Mort annoncée du MRC ?

Paul Eric Kingue en veut également au president du MRC d’avoir appelé au boycott des élections alors que son parti n’y prenait pas part. Du reste, il croit qu’en raison de son abstention à participer aux élections, la formation politique de Maurice Kamto a emporté avec lui les rêves de ses nombreux militants, parmi lesquels son “ami” Célestin Djamen. «Mon ami, Célestin Djamen, en quelque huit mois de prison, a vu sa barbe devenir, toute blanche. En cinq ans, il deviendra à coup sûr imberbe», ironise le leader du MPCN.

Il prédit par ailleurs une fin apocalyptique au MRC: «Les sous-préfets doivent les laisser curer les caniveaux pendant cinq ans. Faire de l’investissement humain durant les cinq ans en les encadrant, car politiquement, ils sont morts. Ils n’ont plus rien à faire pendant cinq ans ! Kamto a beau se pavaner en Europe, Amérique en rock-star, mais ça ne résout aucun problème du Cameroun», renchérit-il.

Paul Eric Kingue annonce cependant qu’il va soutirer des militants dans les rangs du MRC, au bénéfice de son propre parti. «Le MPCN va aussi recruter dans le Mrc sauf les talibans. C’est un parti appelé à se vider de tous ceux qui ne sont pas talibans…»

Aux municipales, le MPCN a remporté les mairies de Njombé-Penja et Dibombari. Aux législatives, Kingue a conduit la liste de son parti dans le Moungo. S’il venait à être élu député, il préfèrerait plutôt travailler comme maire, dit-il.