Politique

Médias : deux journalistes menacés d'être jetés en prison

Médias : deux journalistes menacés d'être jetés en prison

Il s’agit du Directeur de publication de Kalara Christophe Bobiokono et sa collaboratrice, la journaliste Irène Mbezele. 

Le Directeur de publication du journal juridico-judiciaire Christophe Bobiokono a posté sur sa page Facebook, une note d’information. Dans cette note d’information, en parlant au nom de la rédaction de son journal, il renseigne l’opinion publique sur la menace d’emprisonnement qui pèse sur lui et sur la journaliste de son organe de presse Irène Mbezele. 

«La Rédaction de l’hebdomadaire Kalara informe l’opinion publique et particulièrement les communautés des journalistes et des défenseurs des Droits humains que Mme Irène MBEZELE, journaliste, et M. Christophe BOBIOKONO, Directeur du journal et Membre du Conseil national de la Communication (CNC) et de la Commission nationale des Droits de l’Homme et des Libertés (CNDHL), sont attendus ce mercredi matin, 1er avril 2020, à la Délégation régionale de la Sûreté nationale pour le Centre, dans le cadre de l’exécution de deux mandats d’incarcération pour une durée de deux ans émis à leur encontre le 20 décembre 2019 par un collège des juges du Tribunal de Première Instance (TPI) de Yaoundé (Centre administratif)», peut-on lire dans la note d’information.

Christophe Bobiokono dans sa note d’information indique que sa collaboratice et lui avaient été condamnés à des peines de prison avec sursis. C’était le 20 décembre 2019, à la suite d’une audience correctionnelle. Ils avaient été condamnés pour des faits de «diffamation» et «outrage à corps constitué». Ceci, suite à une plainte déposée contre eux par Mme FOTSO CHEBOU KAMDEM Fostine, avocate et député à l’Assemblée nationale à l’époque des faits.  Ils avaient été aussi condamnés à payer 3 millions de Fcfa d’amendes et 10 millions de dommages-intérêts, sans compter des frais de justice.

«Par ailleurs, les juges avaient décidé d’émettre des mandats d’incarcération immédiatement exécutables pour une durée chacun de deux (2) ans contre les deux journalistes, si jamais ils n’acquittaient pas instantanément les sommes relatives aux frais de justice et aux amendes infligées. Ce verdict, lu à la vitesse grand « V » par des juges manifestement pressés de se débarrasser de ce dossier judiciaire, qui aurait pu être banal en des circonstances ordinaires, n’a jamais été promptement exécuté contrairement aux usages. Il n’a du reste jamais été notifié aux concernés en dépit des diligences faites pour cela. Les avocats volontairement commis à la défense du journal et des journalistes ont naturellement exercé les voies de recours prévues par la loi et payé les frais nécessaires pour la circonstance. Et depuis TROIS (3) MOIS, la justice a repris son rythme de tortue pour ce dossier qui attend jusqu’ici d’être enrôlé à la Cour d’Appel du Centre», peut-on lire dans la note d’information.

Il y a donc de cela 2 jours que Kalara affirme avoir appris que le président du Tribunal de première instance de Yaoundé (Centre administratif) a saisi par écrit, le 26 mars 2020, le Chef de la Division régionale de la Police judiciaire (DRPJ), pour demander l’exécution des mandats d’incarcération émis le 20 décembre 2019, à la place du Procureur de la République près ledit TPI. Pour Kalara, la menace d’emprisonnement qui pèse sur Christophe Bobiokono et sur sa collaboratrice, vise tout simplement à tuer le journalisme d’investigation au Cameroun.