Politique

Frontière Cameroun-Guinée équatoriale: la construction d'un mur de séparation source de discorde entre Yaoundé et Malabo

Frontière Cameroun-Guinée équatoriale: la construction d'un mur de séparation source de discorde entre Yaoundé et Malabo

La frontière que se partagent le Cameroun et la Guinée équatoriale, source de discorde entre les deux États. A l’origine, les travaux de construction d’un mur de séparation. Selon le média Sputnik, la Guinée équatoriale a initié l’érection de miradors «empiétant» sur le territoire camerounais.

Rien ne va plus entre Malabo et Yaoundé au sujet de leur frontière commune. Après les travaux de construction d’un mur de séparation, la Guinée équatoriale a initié l’érection de miradors «empiétant» sur le territoire camerounais. Une situation qui ravive les tensions dans la localité de Kye-ossi et questionne la libre circulation dans la région.

Jeudi 2 avril dernier, les ministres délégués à la Défense et à l’Administration territoriale ont été dépêchés par Paul Biya pour examiner la situation qui prévaut dans cette zone des Trois frontières (Cameroun, Guinée équatoriale, Gabon). En effet, des incidents répétés ont été signalés depuis que Malabo a entrepris, le mois dernier, la construction de miradors le long de cette frontière «empiétant» ainsi sur le territoire camerounais, informe Sputnik qui reprend les propos du quotidien gouvernemental Cameroon Tribune.

Le mur de trop ?

Cette situation n’est pas inédite. Déjà en 2019, la Guinée équatoriale avait lancé un projet de construction d’un mur de séparation entre les deux pays. Un autre chantier qui avait aussi soulevé le problème du non-respect du tracé de la frontière et suscité des tensions similaires entre les deux États.

Alors que le chantier du mur de séparation reste d’actualité, beaucoup d’observateurs épiloguent sur la nécessité d’une telle barrière entre les deux pays. Si, pour certains, cette initiative est à mettre sur le coup des «réactions spontanées» du Président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, qui a très souvent ordonné la fermeture de ses frontières à la suite des échauffourées entre Camerounais et Équato-Guinéens, Aristide Mono affiche un autre point de vue:

« Il s’agit plutôt d’un postulat au regard de la multitude de tensions ayant jusqu’ici émaillé les rapports entre les deux voisins. Au cœur de cette histoire diplomatique tumultueuse trône la problématique de l’insécurité. Ce mur apparaît comme un instrument de lutte et de prévention de cette insécurité », explique un expert sous le couvert de l’anonymat.