Politique

Felix Agbor Khongho Balla : "le gouvernement a l'obligation de faire la lumière sur les massacres de Ngarbuh"

Felix Agbor Khongho Balla :

Le président du Centre des droits de l’homme et de démocratie en Afriquë propose les solutions pour mettre un terme aux massacres des civils dans les régions anglophones.

Comment avez-vous appris les massacres survenus ces derniers jours à Ngarbuh ?

J’ai appris la nouvelle du massacre de Ngarbuh sur les réseaux sociaux ensuite j’ai contacté mon chef de bureau dans le Nord-Ouest pour qu’il puisse vérifier si ces informations diffusées avec les images choquantes sont vraies. Il est entré en contact avec les populations de Ngarbuh, j’ai aussi contacté certaines sources dans cette localité. Nous avons pu avoir les informations sur ces massacres qui se sont déroulés dans la nuit du 14 au 15 février dernier. C’est le devoir du gouvernement à protéger les civils.

Si une telle tuerie intervient dans une localité en proie d’insécurité le gouvernement a le devoir de nous dire ce qui s’est réellement passé. Il s’agit d’un crime contre l’humanité et nous exigeons l’ouverture d’une enquête dans cette affaire parce que la situation s’aggrave de plus en plus dans ces deux régions.

Combien de personnes ont perdu la vie dans ces massacres ?

J’ai appris d’après les sources locales que 32 personnes sont mortes. Les victimes sont constituées en majorité des femmes enceintes et des enfants de moins de dix ans.

Quelles propositions formulez-vous pour un retour de la paix malgré la tenue d’un Grand dialogue national ?

Le gouvernement doit rester ouvert a écouter toutes les parties prenantes. Je pense qu’on devait donner plus de chance à la médiation Suisse pour mener les pourparlers entre les autorités camerounaises et les sépa-I ratistes. Il faut poursuivre les 1 négociations en discutant également sur la forme de l’Etat parce que la situation est de plus en plus difficile.

Aujourd’hui ce sont des enfants qui paient les conséquences de cette sale guerre que nous vivons depuis plus de trois ans et une guerre qui ne profite pas. Le Grand dialogue national a eu lieu il y’a quelques mois, plusieurs résolutions pertinentes ont été prises ; mais la réalité est que sans la paix, les résolutions du Grand dialogue national ne peuvent pas être implémentées.

Néanmoins ce grand dialogue a été d’un.grand apport parce qu’il a permis aux Camerounais de se retrouver autour d’une table pour discuter de leurs problèmes. Mais pour ce qui concerne les régions anglophones, il est clair qu’on ne pouvait pas résoudre ces problèmes en cinq jours.

La guerre aujourd’hui dans les régions du Nord-Stiest et du Sud-Ouest a déjà fait plus de trois ans sans qu’une solution ne puisse être trouvée. Des mesures politiques doivent être prises pour replacer les zones anglophones dans l’appareil de prise de décision de l’Etat.