Politique

Crise sociopolitique: d'anciens chefs d'Etats 'font asseoir' Paul Biya

Crise sociopolitique: d'anciens chefs d'Etats 'font asseoir' Paul Biya
Ce ne sont pas les actes symboliques de défiance survenant çà et là dans le monde contre ce que l’on a appelé au Cameroun “Grand dialogue National” qui manquent.

Outre l’opposition politique camerounaise qui avait jugé inapproprié et inopérant le Grand Dialogue National (GDN)initié par le chef de l’Etat camerounais en octobre 2019, des Etats amis du Cameroun, y compris la France, principal soutien international du régime, ont insisté ces derniers temps sur le fait que les autorités camerounaises devaient entreprendre des négociations avec leur opposition civile et les organisations politico-militaires œuvrant pour la sécession du Cameroun anglophone.

Des appels démontrant ipso-facto que le GDN tenu fin septembre-début octobre 2019, n’avait pas atteint l’objectif de normalisation escompté par le président Biya, mais qui ne sont pas toujours perçus comme tels par le régime qui continue de laisser pourrir la situation.

C’est ce pourrissement que veut exorciser à sa manière le regroupement d’anciens chefs d’Etats et de gouvernements d’Afrique dénommé Forum Afrique qui revient à la charge en annonçant pour le mois d’avril 2020 au Kenya, un colloque sur le Cameroun, comme l’explique le Directeur Exécutif dans le communiqué ci-dessous daté du 24 décembre 2019.


Il est à rappeler que l’une des principales missions du Forum africain (« le Forum ») (www.AfricaForum.org) qui regroupe d’anciens chefs d’État et de gouvernement africains et d’autres personnalités africaines de premier plan, est de soutenir l’action de l’Union Africaine dans le cadre des initiatives qu’elle met en œuvre sur notre continent pour atteindre les objectifs définis dans son Acte Constitutif.

Dans un communiqué qu’ils avaient cosigné en juillet dernier, les anciens présidents mozambicain (Joaquim Alberto Chissano, président de l’Africa Forum –appellation en anglais-) et béninois (Nicephore Dieudonné Soglo, vice-président), avaient souligné que c’est dans cet ordre d’idée que le Forum s’efforçait « de suivre au plus près l’évolution préoccupante de la situation en République du Cameroun », et qu’« À cet égard, le Forum a eu le privilège de transmettre certaines de ses vues et suggestions à Son Excellence Paul Biya Président de la République du Cameroun ».

C’est dire que cette démarche n’a rien de ces « ingérences extérieures méprisantes » qui hérisse si souvent les poils des autorités camerounaises. Même si la programmation en décembre 2019, deux mois après le GDN, d’une réunion sur le Cameroun peut signifier le manque de lisibilité et de visibilité des résultats de ce grand conclave national dont l’objectif caché, selon certains analystes, pourrait avoir été pour les sécurocrates du régime Biya d’offrir une issue de sortie au chef de l’Etat camerounais qu’ils avaient mis dans l’impasse en lui faisant embrassant à pleines mains la patate chaude de l’arrestation/emprisonnement de Maurice Kamto et ses camarades, dont il était difficile de se débarrasser au pied levé sans perdre la face.