Politique

Cameroun/Rapport sur le massacre de Ngarbuh : « sans les différentes pressions, ce rapport aurait blanchi l'armée»

Cameroun/Rapport sur le massacre de Ngarbuh : « sans les différentes pressions, ce rapport aurait blanchi l'armée»

Flore Mboussi, membre du bureau du porte-parole de Maurice Kamto

« Un peu de honte réchauffe et donne de belles couleurs, mais hélas ce n’est valable que pour ceux dotés d’une conscience et d’une empathie.

La vérité est comme une épine dans l’œil, ils auraient eu le choix que jamais ils n’aufaient publié un tel rapport les accablant après la sortie abracadabrante de Monsieur Beti As-somo pour blanchir cette même armée qui vient d’être mise sur le banc des accusés. Il y a comme une mésentente, les membres du gouvernement illégitime fonctionnent clairement en rangs dispersés, si déjà ils n’arrivent même pas à s’entendre sur le nombre exact de victimes de la tragédie de NGARBUH. La cacophonie qui y règne traduit une fois de plus l’imposture de ces individus.

Les partisans de Paul Biya vous diront que les seules pressions qu’il est capable de subir sont celles qui sont atmosphériques. Mais moi je dis merci à toutes ces ONG, ces chaînes de télévision et organes de presse républicains, ces nombreux camerounais qui ont su dénoncer les crimes injustement perpétrés sur ces innocents dans le village NGARBUH, bravant ainsi les menaces et autres intimidations de ceux qui s’autoproclament « Patriotes ». Car loin des leurres, sans les différentes pressions des acteurs internationaux et nationaux, ce rapport gouvernemental aurait probablement à nouveau blanchi l’armée.

Néanmoins, les sanctions doivent être en aval et en amont. Le ministre illégitime en charge de la défense doit être poursuivi pour avoir dédouané l’armée sans mener une enquête préalable. Il en va de même de ses collègues de l’administration territoriale et de la communication.

Nécessairement, pour une fois que la noblesse irréprochable du clan Biyaïste reconnaît un tort, dit-on un crime de guerre, la raison dicterait d’enquêter également sur le degré d’implication des partisans de cet acte ignoble dans la chaîne de commandement. C’est-à-dire s’il s’agissait d’une directive hiérarchique ou d’une initiative isolée desdits soldats, car la gangrène qui mine notre armée serait continuelle, s’ils ne représentent que des boucs émissaires.

Nous assistons, non seulement à un aveu pieux, face à la contradiction de cette démarche par rapport à des prises de position précédentes, mais aussi à une image ternie publiquement des représentants des forces de l’ordre, qui montrera espérons-le un meilleur exemple à suivre dans la conduite. Nous ne pourrons pas ramener ces martyrs de la nation, mais le peuple retiendra qu’il se passe des choses graves ou bien pires dans les régions du NOSO, dont les médias alignés à une certaine propagande ne parlent pas.

En comptant sur l’impartialité du tribunal militaire, nous ne pouvons que souhaiter, une peine proportionnelle aux faits d’accusations énoncés, et une prise en charge plus significative, au-delà de simples funérailles, pour les familles endeuillées.

À mon humble avis, dire de ces mesures qu’elles sont suffisantes serait comme cautionner la continuité de cette guerre. Ces mesures tant qu’elles ne sont pas de nature à calmer les ardeurs et les rancœurs, sont terriblement insuffisantes. Il faut définitivement se pencher sur la résolution de cette crise. Combien de victimes innocentes faudra-t-il pour que l’on se rende compte de la gravité de la situation ?

On s’achemine inévitablement vers un éternel recommencement où il faudra . continuellement prendre des mesures pour punir les auteurs d’exactions. Et croyez-moi, des exactions il y en aura toujours, tant que certains continueront à penser qu’en temps de guerre, tout est permis et pardonnable ».