Politique

Au Cameroun, l'opposition cherche leader

Au Cameroun, l'opposition cherche leader

Alors qu’une nouvelle configuration de la carte politique camerounaise s’est dessinée au lendemain des dernières élections municipales et législatives, plusieurs partis concurrents au Rdpc se disputent le fauteuil de patron de l’opposition.

Les résultats des dernières consultations électorales au Cameroun ont donné à voir la naissance d’un nouveau découpage de la carte politique. S’il est vrai que sur le plan de la représentativité, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) qui totalise 152 sièges à la chambre basse du Parlement et 316 communes sur 360, reste imperturbable, on ne saurait en dire davantage pour ce qui est de l’opposition. Depuis peu, le sujet oppose plusieurs protagonistes revendiquant le statut de leader sur une base électoraliste, historique où structurelle.

Lors des élections municipales et législatives, les partis en lice ont connu des fortunes diverses, leur octroyant de fait une certaine représentativité. Parmi les partis en compétition, plusieurs formations politiques alliées au Rdpc. Prenant en compte ce paramètre, le Social Democratic Front (Sdf), diminué par l’absence de son chairman établi désormais à l’étranger, est aujourd’hui fragilisé par des appétits internes. Sa représentativité s’effrite au fil des années.

Lors des dernières consultations électorales, le parti a énormément perdu du terrain passant ainsi de 13 députés à 05 aux dernières législatives. Ceci, pour seulement 04 mairies à l’issue des municipales. Un fait qui, à en croire les cadres de ce parti politique, n’affecte en rien la posture revendiquée par cette formation politique.

«Le Sdf est le parti leader de l’opposition. C’est le parti qui a le plus de voix au Parlement. La représentativité au niveau des communes ne compte pas car, c ‘est la gouvernance locale. Même si vous avez toutes les communes, vous ne pouvez pas être en opposition avec le gouvernement même si vous avez 360 communes. Alors que si vous avez 91 députés, c ‘est vous qui formez le gouvernement », indique Josua Osih, député, vice-président du Sdf.

Avec 07 députés à l’Assemblée nationale et 16 élus locaux, l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) qui est perçue comme un parti allié au Rdpc, s’est fortement illustrée lors des dernières élections municipales et législatives. Son approche sur la gestion consensuelle du pouvoir lui octroie selon les responsables de cette famille politique, une vraie posture de leader.

« L’Undp est convaincue que le partage du pouvoir est la solution idoine en démocratie dans les sociétés multiethniques comme la nôtre (…) Tout ce que l’Undp sait aujourd ‘hui, c ‘est la confirmation de sa deuxième place sur l’échiquier politique nationale après le parti au pouvoir », expose Saidou Maidadi, membre du bureau politique, secrétaire national à la communication de F Undp.

S’il y a bien un parti politique qui mérite une palme pour son ascension fulgurante dans la sphère politique, c’est bien le parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcm). Sa jeunesse et son chef de file se considèrent comme la nouvelle force de l’opposition.

« Dans l’échiquier politique au Cameroun, le Pcrn est le nouveau leader. Et ce, pour plusieurs raisons. La première est que nous avons participé à une élection présidentielle bien que c ‘était avec un autre parti et avons obtenu de bons scores. En second lieu, le Pcrn est un parti jeune avec beaucoup de ressources et se déploie comme un éclair sur le territoire national. La preuve c ‘est que moins de quatre mois après sa création, on a obtenu des résultats que vous connaissez. Ce qui est différent d’un autre parti qui a eu plus de députés que nous mais qui n ‘a pas l’ambition de conquérir le pouvoir suprême comme le Pcm », se défend Atéba Ossendé Fernand, coordonnateur communal Pcrn pour Ebebda.

Mise en lambeau par des querelles de leadership, absente aux dernières élections, l’Union des populations du Cameroun continue de ruminer cette posture d’un passé glorieux qui reste gravé sur du marbre et qui, pour eux, ne saurait disparaître malgré les orientations enregistrées au sein du parti.

« L’union des populations du Cameroun reste, n ‘en déplaise à certains acteurs de l’événementiel, le premier parti de l’opposition au Cameroun au moment où je vous parle. La représentativité au niveau du Parlement devrait prendre en considération les aspects structurels. Si vous-vous referez à ces grands repères de la vie politique moderne au Cameroun, vous verrez que l’Upc reste évidemment le premier leader de l’opposition et j’assume ce leadership », martèle Robert Bapooh Lipot, secrétaire général de l’Upc.