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Éthiopie: Des heurts à Addis-Abeba ce mardi suite à l'assassinat d'un célèbre chanteur oromo

Éthiopie: Des heurts à Addis-Abeba ce mardi suite à l'assassinat d'un célèbre chanteur oromo

Situation tendue en Éthiopie où depuis ce mardi matin des heurts sont notés à Addis-Abeba, la capitale.  Et selon les données de sites de surveillance du trafic, internet est également coupé dans plusieurs régions du pays.  Des faits qui interviennent quelques heures après l’assassinat d’un célèbre chanteur militant appartenant à l’ethnie Oromo.

Lundi 29 juin, Hachalu Hundessa, célèbre chanteur et activiste éthiopien est décédé dans un hôpital sis à Addis-Abeba, des suites d’assassinat. D’après la police, un ou plusieurs tireurs l’ont pris pour cible dans la rue, devant un complexe immobilier récent, dans une banlieue sud d’Addis-Abeba. Très vite, l’image de son corps sous une couverture a circulé sur les réseaux sociaux.

Âgé de 34 ans, Hundessa était une idole pour plusieurs éthiopiens notamment grâce à son militantisme affiché pour la cause du peuple oromo, groupe ethnique le plus important du pays. En effet, depuis 2004, des affrontements ont lieu de manière sporadique entre des groupes oromos et somalis à la frontière de leur région respective. En septembre 2017, ces combats, liés au conflit pour le contrôle de terres arables, ont donné lieu à des « tueries brutales » avec des centaines de morts et poussé des dizaines de milliers de personnes à fuir la zone où ils se déroulent.

Les populations exigent des funérailles nationales

Ce mardi matin, le corps d’Hachalu Hundessa devait être rapatrié dans son fief d’Ambo, à l’ouest d’Addis-Abeba. Selon un témoignage, de jeunes oromos ont empêché son départ de l’hôpital et exigé des funérailles nationales pour celui qui est vu comme un martyr de la cause patriotique, renseigne RFI.

Depuis, la situation est particulièrement tendue. En plus de la coupure d’internet, les lignes téléphoniques sont difficilement joignables depuis l’extérieur du pays. Plusieurs ambassades ont fait état d’échauffourées dans plusieurs endroits de la ville, ainsi que dans la région de l’Oromiya.

Le Premier ministre Abiy Ahmed, lui-même oromo mais contesté au sein de sa nation d’origine, a aussitôt exprimé son « chagrin » devant la perte de « cette précieuse vie ». Il a ordonné un rapport d’enquête rapide, de même que la procureure générale éthiopienne, Adanech Abebe, qui a juré que « personne n’échapperait à la justice ».