Economie

Tensions à l'Agence de régulation des télécommunications : Libom Li Likeng se saisit de l'affaire opposant le PCA au directeur général

Tensions à l'Agence de régulation des télécommunications : Libom Li Likeng se saisit de l'affaire opposant le PCA au directeur général

Suite aux tensions nées au sein de la haute hiérarchie de l’Agence de régulation des télécommunications (ART) entre le président du conseil d’administration et le directeur général, le gouvernement camerounais a décidé d’intervenir.

En effet, le ministre des Télécommunications et des Postes, Minette Libom Li Likeng, a saisi le 8 janvier dernier, par courrier, le PCA de l’ART Hessana Mahamat à propos, justement, du management de ladite agence.

Dans sa correspondance, le ministre Minette Libom Li Likeng attire l’attention du PCA sur la « non-signature de la résolution portant adoption du budget de l’exercice 2020, ainsi que celle prenant acte du rapport annuel de performance 2019 de l’Agence. À votre charge et à celle du directeur général, je déplore les graves insuffisances managériales en cours à l’ART, les résolutions du conseil d’administration n’étant pas considérées dans leur force juridique et les dispositions légales encadrant la gestion de l’établissement étant méprisées », écrit le ministre des Télécommunications et des Postes. Ce dernier a ainsi exhorté Hessana Mahamat à signer la résolution du conseil d’administration portant adoption du budget de l’exercice 2020 ainsi que celle prenant acte du rapport annuel de performance 2019 de l’Agence.

En raison de l’indisponibilité jusqu’alors des documents de travail auprès des administrateurs, le ministre de tutelle demande à Hessana Mahamat de surseoir à la tenue de la session du conseil d’administration extraordinaire convoquée le 13 janvier dernier. Au regard de cette situation, Libom Li Likeng demande à titre ultime, un apaisement dans le management de l’ART où y règne un climat manifestement délétère et préjudiciable à la performance.

Quant au directeur général de l’ART, Philémon Zo’o Zame, il lui est demandé de préparer et présenter les documents demandés par le PCA afin que se tienne le conseil d’administration reporté à la date du 28 janvier 2020.

Origine du bras de fer

Pour le PCA, la non-signature du projet de résolution portant adoption du budget 2020 de l’ART se justifie par le fait qu’il a été demandé, en vain, au DG de produire trois documents qui déclinent de manière détaillée l’incidence financière de ses décisions sur la masse salariale de l’ART.

De fait, le PCA a constaté, lors d’un conseil d’administration tenu en août 2019, l’existence d’une indemnité compensatrice allouée à certains responsables de l’ART (DG, DGA et certains directeurs). Sur ce point, Hessana Mahamat rappelle au DG les observations du conseil d’administration, au regard du rapport du contrôleur financier, spécialisé examiné au cours de la 43e session ordinaire tenue le 30 août 2019, d’une part, et du rapport général du Comité en charge de l’assainissement du fichier du personnel d’autre part.

À en croire le PCA alors que le DG s’octroie ces avantages il procède par la même occasion à la suppression unilatérale et sans explications aucunes de certains avantages accordés au personnel (téléphone, prime d’astreinte et de rendement, indemnité compensatrice sur échelon, prime de fin d’année, prime de médaille, arbre de Noël…).