Economie

Pandémie Covid-19/Tourisme : l'Afrique a perdu environ 33 mille milliards Fcfa

Pandémie Covid-19/Tourisme : l'Afrique a perdu environ 33 mille milliards Fcfa

A l’heure où le monde sort peu â peu de l’hibernation due à la crise sanitaire provoquée par la pandémie du coronavirus, des bilans se font et livrent leurs vérités. Ainsi, au regard de la pression subie au niveau économique, après le confinement, il ressort que, non seulement la pandémie n’aurait pas encore atteint son pic sur le continent, chacun des pays, très diversement touchés par le Covid-19, édicte ses propres règles, mais également que de nombreuses compagnies aériennes pourraient ne pas reprendre service immédiatement après la crise.

La foudroyante pandémie du Covid-19 a mis à genoux toutes les économies du monde. Même celles des pays bien structurés y ont laissé des plumes. Aucun pan de l’économie n’ayant été épargné, c’est la quasi totalité des secteurs de la vie des Etats qui cherchent aujourd’hui à reprendre la main. Parmi ces secteurs, la prometteuse industrie du tourisme. De toute évidence, les compagnies aériennes et (’industrie touristique en Afrique surtout, auront été touchés de plein fouet par la pandémie. Et ie secteur touristique aura perdu d’après des statistiques de l’Union africaine (UA), 33 mille milliards Fcfa avec la fermeture des frontières décidées douloureusement par les dirigeants pour tenter de limiter la propagation de la pandémie liée au coronavirus.

C’est Amani Abou-Zeid, la commissaire chargée des infrastructures à la Commission de l’Union africaine, qui en fait la déclaration le jeudi 2 juillet 2020. Alors que partout on parle de déconfinement et d’ouverture des frontières, elle note que l’impact du confinement a été très sévère. Selon la commissaire, » On parle d’une perte d’environ 33 mille milliards Fcfa », alors qu’« on tablait sur une augmentation du transport aérien et maritime » avant la pandémie, a-t-elle souligné lors d’une réunion virtuelle organisée par le Forum économique mondial et l’organisation mondiale de la santé (OMS). Et dans ce contexte, «des compagnies aériennes pourraient ne pas survivre au Covid-19», a-t-elle prévenu.

Alors que le nombre de personnes atteintes de coronavirus va grandissant sur le continent, cela n’a pas empêché certains pays comme la Zambie, la Côte d’ivoire ou le Gabon, de décider de reprendre les vols internationaux à l’effet de juguler l’impact économique de la crise sanitaire. Par ailleurs, l’Uniôn européenne (UE) a annoncé, le 30 juin 2020, la réouverture de ses frontières aériennes vers quinze pays, parmi lesquels le Maroc, la-Tunisie, l’Algérie et le Rwanda. Bien que cette liste des Etats dont les ressortissants sont admis dans l’UE et l’espace Schengen sera révisée toutes les deux semaines, il reste que les critères retenus fixent notamment un taux de nouveaux cas de Covid-19 proche ou en dessous de 16 personnes pour 100 000 habitants sur les quatorze derniers jours. Toute chose qui exclut de fait nombre de pays d’Afrique, où le pic épidémique n’a pas encore été atteint.

On sait que la pandémie en Afrique ne pèse que très peu dans cette crise sanitaire mondiale, avec un taux de.3,65% de personnes contaminées par le nouveau coronavirus et, 1,9% de décès. Ceci, même si dans plusieurs pays, cette courbe a connu une évolution croissante ces dernières semaines. Le 2 juillet 2020, selon les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies, Africa CDC, le continent dénombrait 414 011 contaminations et 10 260 décès. La prudence reste donc de mise pour les Etats du continent, y compris envers leurs propres voisins.

Dans ce contexte de suspicion et de méfiance, pour Amani Abou-Zeid, qui plaide en faveur d’une baisse significative des taxes et une facilitation dans la délivrance des visas, il faut encourager aussi et surtout le tourisme intra-africain. Car, l’impact du virus sur l’industrie aéronautique et notamment africain est « inquiétant » renchérissait Prosper Zo’o Minto’o, de l’Organisation de i’aviation civile internationale (OACI). Au Cameroun par exemple, les frontières maritimes, terrestres et aériennes sont officiellement fermées depuis le 18 mars, à l’exception des vols cargos. Cependant, depuis fin mai, Air France assure une liaison hebdomadaire avec le Cameroun.

Tous les mardis, les passagers à rembarquement doivent porter obligatoirement un masque et présenter un test négatif au Covid-19. Des teste rapides sont également faine sur place. Mais, depuis l’annonce la réouverture des frontières de l’UE à 15 pays, dont le Cameroun ne fait pas partie, Yaoundé ne ferme pas l’œil. Il a d’ailleurs fait savoir qu’une «action diplomatique serait engagée pour reconsidérer la situation » du pays. En somme, au cours des trois derniers mois, le trafic aérien en Afrique a enregistré une baisse de 60 millions de passagers sur les vols internationaux et de 30 millions sur les vols domestiques, a-t-il Prosper Zo’o Minto’o. Et selon ses estimations, au moins 13,5 mille milliards Fcfa sont nécessaires pour aider les compagnies aériennes à reprendre les vols.