Economie

Exploitation forestière : l'Etat attend 17 milliards de F cfa d'Ebo

Exploitation forestière : l'Etat attend 17 milliards de F cfa d'Ebo

Les perspectives économiques pour l’exploitation du massif forestier de cette localité sont estimées à 115000m) de ressources forestières de bois par an, 50 ooom3/an d’exploitation d’essences de promotion, sur 10 ans de taxes d’abattage et droits de sortie.

Le 16 mars 2020, Je chef supérieur Ndokbiakat et president de l’Association des chefs traditionnels riverains de la forêt d’Ebo dans l’arrondissement de Yingui a saisi le ministre des Forêts et de la Faune pour demander la création d’une Unité forestière d’aménagement (Ufa) dans les forêts de leur ressort. Cette demande est le corrolaire du refus par ces populations défavorisées de l’idée de création d’un parc national dans le même endroit, en gestation depuis les années 2000.

Au regard des avantages fiscaux que génère l’exploitation forestière dans les autres communes riveraines au Cameroun, ces populations ont sollicité à travers divers memoranda, la réorientation du projet à l’image de ce qui avait été fait dans le massif forestier de Ngoyla Mintom.

Naguère perdue la localité de Ngoyla est sortie aujourd’hui de l’oubli grâce aux revenus fiscaux issus de l’exploitation forestière. La spécificité des forêts mises en concession est qu’elles sont exploitées sur la base d’un plan d’aménagement validé par l’Etat. Il prend en compte les intérêts des communes et populations riveraines.

Le plan d’aménagement prend aussi en compte les principes, critères et indicateurs de gestion durable des forêts. Pour le cas de l’exploitation du massif forestier d’Ebo, les perspectives économiques sont estimées à : 115000m3 de ressources forestières de bois par an, 50 000m3/an d’exploitation d’essences de promotion, 17 milliards de Fcfa sur 10 ans de taxes d’abattage et j droits de sortie.

Taxes d’abattage

Dans le même ordre d’idées, il est attendu 2,7 milliards de Fcfa sur 10 ans de taxes d’abattage bois transformé. Mais aussi Le modèle de transformation jusqu’à la 3e catégorie pouvant produire 27 milliards de Fcfa à l’économie nationale.

Dans cette perspective, la redevance forestière annuelle (Rfa) à 1500Fcfa/ha est estimée à 2,1 milliards de Fcfa en 10 ans. Le projet devrait susciter la création de plus de 1000 emplois issus de : l’exploitation et de la I transformation. Des recettes directes de l’Etat estimées de l’ordre de 40 milliards de Fcfa, des recettes indirectes estimées à 17 milliards de Fcfa et une La balance économique sur les devises en exportation des produits finis et bois de promotion de plus de 30 milliards de par Fcfa par an.

Par ailleurs, la mise en | place de ces Ufa devrait permettre de faire financer les aménagements dans la réserve de faune de Douala-Edéa et les zones de conservation qui seront créées par l’Ufa sus mentionnées, par le reversement d’une partie des bénéfices issus de leur exploitation forestière au rythme de 75 milliards de Fcfa /ha/an.

Cette approche devrait permettre de combler les gaps qui sont observés dans les autres aires protégées. Enfin, là mise en place des unités de transformation permettra la structuration de la filière bois dans ces localités et, l’impulsion d’une dynamique de la décentralisation économique avec l’émergence des Pme de la branche de transformation de bois.

Les craintes diffusées par certaines Ong au sujet de cette exploitation forestière sont donc infondées. Contrairement aux idées reçues, l’exploitation forestière fait uniquement des prélèvements des essences commerciales et détériore l’environnement parfois moins que les autres activités humaines. La lutte contre le braconnage est un aspect important du cahier des charges des exploitants forestiers dans les concessions à l’image de ce qui se fait actuellement dans les concessions forestières situées aux confins du Parc national de Campo Ma’an dans le Sud. Pour la concession forestière d’Ebo, l’entreprise ne pourra en aucun cas se soustraire à ces mêmes obligations qui ont un caractère d’ordre public.

Le massif forestier d’Ebo, une région située à cheval entre les départements du Nkam et la Sanaga maritime, a une superficie de 141 000 hectares. Mu par l’approche participative, l’Etat du Cameroun avait entrepris des consultations préalable avant d’envisager sa mise en concession. Les consultations ont été faites au niveau local et départemental et le Premier ministre, Chef du gouvernement, a marqué sa non-objection pour la signature de la convention provisoire de l’Uefa 07 004 au profit de la Société Scieb. Le gouvernement du Cameroun est conscient des enjeux économiques autour de l’exploitation forestier au même titre qu’il protège les acquis de la conservation en menant une politique nationale en adéquation avec ses engagements internationaux.