Economie

Décès de Victor Fotso: retour sur le parcours d'un homme multidimensionnel

Décès de Victor Fotso: retour sur le parcours d'un homme multidimensionnel

L’industriel camerounais Victor Fotso est décédé ce vendredi à Paris à l’âge de 94 ans, des suites d’une courte maladie. Le magnat camerounais de l’industrie et de la finance a été durant son existence patriarche, businessman, homme politique, soit un homme aux multiples casquettes. Le magazine Jeune Afrique est revenu sur son remarquable parcours.

Avec Joseph Kadji Defosso, Victor Fotso faisait partie de la première génération d’industriels camerounais. Et pourtant, le fondateur de Fotso Victor, qui effectue diverses œuvres caritatives au Cameroun et dans d’autres pays de la sous-région Afrique Centrale, surtout dans le domaine de l’éducation, a commencé avec des boîtes d’allumettes dans les années 1970. Rapidement, il diversifie ses activités au point de compter une vingtaine d’entreprises présentes dans pas moins de dix pays. Des filiales qui, pour la plupart, ont depuis mis la clé sous le paillasson.

Par son dynamisme, Victor Fotso s’était bâti une réputation ayant traversé les frontières. L’histoire retiendra l’internationalisation d’UNALOR, entreprise de production d’allumettes, vers la Côte d’Ivoire, le Liberia et l’Angola. Celle des piles électriques (PILCAM), les insecticides (Moon Tiger) au Sénégal et au Mali, la fabrique des cahiers (SAFCAM), la distillerie des liqueurs, la culture de haricots verts pour la marque Bonduelle et l’Imprimerie nationale au Tchad.

Le groupe Fotso, entreprise familiale, a également lancé la Commercial Bank qui a ouvert sa première agence à Douala en 1997 (CBC) avant d’essaimer en 1999 au Tchad (CBT), en Centrafrique (CBCA), en Guinée équatoriale (CBGE), et même à São Tomé-et-Príncipe (COBSTP). À cela, il faut ajouter la Société financière africaine (SFA) basée à Douala, mais aussi des investissements immobiliers en France, à Levallois-Perret, opérés par la Compagnie internationale de services (CIS).

Soutien indéfectible du pouvoir

Ayant bénéficié des faveurs des deux présidents qu’a connu le Cameroun, Ahmadou Ahidjo et Paul Biya, Victor Fotso s’était particulièrement investi en politique, en devenant un soutien de poids pour ces deux présidents dans la région de l’Ouest, bastion de l’opposition. En 1997, il avait obtenu son premier poste électif en devenant le maire de la commune de Pete-Bandjoun, son village d’origine. Il avait été réélu le 9 février dernier, pour un mandat qui devait s’achever en 2025, conclu Jeune Afrique.