Economie

Cameroun - Transport aérien : les mensonges de Camair-Co à la Région de l'Est

Cameroun - Transport aérien : les mensonges de Camair-Co à la Région de l'Est

Voici plus de deux ans déjà que la compagnie nationale de transport aérien annonçait en grande pompe le démarrage des vols dans le chef lieu de la Région de l’Est à Bertoua. Plusieurs mois après ces promesses qui avaient suscité tant d’espoir au sein de la population, rien n’a été fait. Un leurre !

«Jeudi, 24 mai 2018, c’est la dernière date à laquelle l’aéroport de Bertoua recevait un avion MA60 appartenant à Camair-Co. Ce jour, c’est Samuel Menobo, sous-préfet de l’arrondissement de Mandjou, l’honorable Narké Antoinette et Marlyse Aboui( deux parlementaires) s’étaient mobilisés pour accueillir l’épuipage au bas de la passerelle. Sous la conduite du commandant de bord Martin Topé, les techniciens ont aussitôt inspecté la piste d’atterrissage», raconte un témoin du dernier vol de Camair-Co à l’Est.

Il indique que les responsables de la compagnie de transport aérien avaient annoncé que cet ultime vol test est concluant. C’est-à-dire, il était désormais possible d’assister à la régularité des vols inter-urbains Camair-Co par le MA60.  Pour preuve, l’entreprise avait déjà déployé son personnel sur le terrain.

«C’est bien Andréanne Mbassalang qui avait été promue au poste de chef d’agence régionale Camair-Co à Bertoua. De bonnes sources, Camair-Co avait déjà trouvé des bâtiments d’emprunt en ville pour faciliter les transactions de sa clientèle», révèle notre interlocuteur qui a requis l’anonymat.  Deux ans après, on se rend compte que rien n’a été fait. Le vol inaugural tant attendu est un rêve irréaliste.

Les populations de la Région de l’Est qui exultaient déjà à l’annonce de ces informations sont aux abois. L’on même appris que l’actuel ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallé Bibéhé a fait une visite inopinée sur le site mais jusqu’ici, aucune suite favorable. «La Région de l’Est est-elle maudite? Pourquoi les projets à mettre en œuvre ici sont toujours classés dans les oubliettes ? Où sont les élites et parlementaires pour revendiquer ?», s’interroge-t-on à tue-tête.

Bâtiments délabrés

Malgré les efforts fournis par les Aéroports du Cameroun (ADC) pour faciliter le travail de Camair-Co, beaucoup reste encore à faire. La piste d’atterrissage est compactée mais ne répond pas aux normes en la matière. En ce moment, l’herbe a poussé et il le désherbage n’étant pas assuré, c’est devenu le refuge des fumeurs des fumeurs de chanvre indien et des malfaiteurs. Autour de l’aérodrome, les populations riveraines cultivent le maïs. D’autres ont même construit des  habitations.

L’on observe aussi que les travaux de réhabilitation des bâtiments peinent à être achevés deux ans après. La salle d’attente et d’autres bureaux sont restes sans équipements. Tout ce tableau sombre ne rassure point. Avec l’échec programmé de Camair-Co, nul doute que les populations de la Région de l’Est vont encore attendre longtemps pour voir des vols inter-urbains en direction de la ville de Bertoua.